Joseph Castaigne

Élements biographiques

Joseph Castaigne Les tristesses et les gloires… (1915)

Comme on aime sa mère on aime sa patrie.
C'est souffrir mille morts que de la voir meurtrie.
L'oiseau d'acier voulu par votre âme en tourment Se justifie alors, et n'est plus seulement La navette ajoutant de vains fils aux nuages, Ni l'aigle travesti, moins fort que mes orages : C'est l'ange au glaive ardent, soldat de la vertu, Et je suis fier d'avoir avec lui combattu.
Car moi, l'amour divin qui console et qui crée, J'accours, je m'associe à sa tâche sacrée, Et vous dis, bénissant son vol audacieux :
— C'est ma croix renversée, en marche dans les cieux.
Source : Gallica

Joseph Castaigne Les tristesses et les gloires… (1915)

Revers sanglant de la tranchée, Magique niveleur des fronts !
Ici, plus de desseins contraires ; Les esprits sont sains et virils.
Devant les suprêmes périls Tous les Français se trouvent frères.
Soulevé d'un même idéal Pour ajouter à notre histoire Sa plus noble page de gloire, Tout, âges et rangs, est égal.
Et sous la capote de laine Ou sous la cuirasse d'acier, Chez le soldat et l'officier, C'est même amour et même haine.
Que de grandeur ! Que de beauté !
Malgré la pluie et la mitraille, Ils sont là, mouvante muraille De discipline et de fierté.
Source : Gallica

Joseph Castaigne Les tristesses et les gloires… (1915)

Un chef d'armée avec ses légions, c'est peu : L'avalanche, la foudre et le vent et le feu, C'est un pays debout contre un pays, — colère Contre colère, — c'est la lutte populaire.
La voilà de retour. Nous ne la cherchions pas.
C'est alors que se dresse, appelant aux combats Les flots impétueux des citoyens farouches, La Guerre formidable avec ses mille bouches ; C'est alors qu'elle accourt en bonds tumultueux, Défonçant les chemins, bruyant les troncs noueux, Comme si, des soldats aux rochers qu'on entaille, La nature affolée entrait dans la bataille.
Source : Gallica

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