Joseph Cernesson

Élements biographiques

Joseph Cernesson Les Associations ouvrières de production

Mais, pas plus que la Société industrielle, ou la maison patronale, l’Association ouvrière ne peut se passer de discipline. La discipline ouvrière est même d’un ordre infiniment plus élevé ; car elle est la sauvegarde, non plus d’intérêts individuels transitoires, mais des intérêts permanens de la corporation tout entière. Elle est aussi plus noble que la discipline imposée ; ceux dont la dignité est la plus ombrageuse peuvent s’y assujettir sans trouble, puisque leur subordination découle de leur adhésion morale.
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Joseph Cernesson Revue des Deux Mondes

Jamais une administration ouvrière ne voudra donner 6 000 francs à un comptable éprouvé, à un chef de rayon habile ; ce qui ne l’empêche pas de rêver la disparition future des grands magasins, dont les employés supérieurs sont rétribués à l’égal des plus hauts fonctionnaires de l’État.
Les mêmes réflexions s’imposent à l’égard du problème des retraites ouvrières : jamais les coopératives socialistes ne se sont préoccupées de le résoudre en faveur de leurs employés. C’est encore et toujours le même état d’esprit : « Est-ce que mon patron me fera une retraite ? »
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Joseph Cernesson Les Associations ouvrières de production

Toute création coopérative devrait être précédée d’une période préparatoire, pour amasser le capital, plus encore pour lier, d’une façon solide, des travailleurs d’élite, connus les uns des autres. Au lieu de cela, c’est ordinairement au milieu d’une grève, au moment d’une crise industrielle, que l’idée d’association prend de la consistance. Il est certain que, sous l’éperon de la misère, excités d’un violent désir de libération, les ouvriers sont capables d’un élan inaccoutumé.
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