Résumé

Joseph Cernesson Les Associations ouvrières de production

Mais, pas plus que la Société industrielle, ou la maison patronale, l’Association ouvrière ne peut se passer de discipline. La discipline ouvrière est même d’un ordre infiniment plus élevé ; car elle est la sauvegarde, non plus d’intérêts individuels transitoires, mais des intérêts permanens de la corporation tout entière. Elle est aussi plus noble que la discipline imposée ; ceux dont la dignité est la plus ombrageuse peuvent s’y assujettir sans trouble, puisque leur subordination découle de leur adhésion morale.
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Joseph Cernesson Les Associations ouvrières de production

Toute création coopérative devrait être précédée d’une période préparatoire, pour amasser le capital, plus encore pour lier, d’une façon solide, des travailleurs d’élite, connus les uns des autres. Au lieu de cela, c’est ordinairement au milieu d’une grève, au moment d’une crise industrielle, que l’idée d’association prend de la consistance. Il est certain que, sous l’éperon de la misère, excités d’un violent désir de libération, les ouvriers sont capables d’un élan inaccoutumé.
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Joseph Cernesson Les Associations ouvrières de production

On a persuadé au prolétariat qu’en donnant son salaire à chaque ouvrier, le patronat le frustre d’un supplément énorme ; et dès que ce même ouvrier s’agrège à une Association, au prix de sacrifices dont lui et les siens ont âcrement souffert, et sous des risques qu’il n’a pas envisagés sans trouble, voici qu’on lui demande d’abandonner à l’entreprise, intégralement et sans retour, ce même supplément de gain, redevenu libre par la disparition du patron ! Sans doute, aux yeux du coopérateur socialiste, aucune comparaison n’est possible entre les deux retenues.
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