Philippe Martinon

Philippe Martinon,  Comment on Prononce le Français

“ Ce n’est pas tout; si, après une voyelle, l’hiatus est tout ce qui reste de l’aspiration, il n’en est pas tout à fait de même de la consonne articulée. Par hasard se prononce bien comme par amour, sans doute à cause du grand usage qu’on fait de l’expression: ne dit-on pas, dans le peuple, à l’hasard de la fourchette? Mais par hauteur ne se confond pas avec par auteur, et avoir honte s’articule un peu autrement que fanfaron: il semble qu’après la consonne il y ait comme une espèce d’arrêt ou d’hésitation, une espèce d’hiatus, au sens de lacune. ”
Source : Gutenberg

Philippe Martinon,  Les strophes, étude historique et critique sur les formes dela poésie lyrique en France depuis la Renaissance… (1912)

“ C'est surtout la forme préférée de Théophile qui l'a employée une dizaine de fois, par exemple dans l'ode Sur une tempête, et dans l'Ode au Roi sur son exil. Le début de celle-ci nous fournira un exemple magnifique de strophe parfaitement une dans une phrase à peine commencée : Celui-qui lance le tonnerre, Qui gouverne les éléments, Et meut avec des tremblements La grande masse de la terre, Dieu, qui vous mit le sceptre en main, Qui vous le peut ôter demain, Lui qui vous prête sa lumière, Et qui, malgré les fleurs de lys, Un jour fera de la poussière De vos membres ensevelis. ”
Source : Gallica

Philippe Martinon,  Les strophes, étude historique et critique sur les formes dela poésie lyrique en France depuis la Renaissance… (1912)

“ Les poètes du XVIe siècle s'en sont servis à peu près seuls : leurs successeurs ont estimé sans doute, et fort justement, que les rimes suivies en général, tout en pouvant se prêter à l'expression de toutes les idées et de tous les sentiments, ne constituaient pas à vrai dire une forme lyrique. Et cela se conçoit. Même si on les divise en quatrains, pour peu que le sens se continue d'une strophe à l'autre, ou soit complet au milieu d'une strophe, l'oreille est déroutée et ne sait plus où se prendre. Qu'est-ce qu'un tout dont on ne perçoit pas nettement le commencement et la fin ? ”
Source : Gallica

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