Pierre Genève

Élements biographiques

Pierre Genève Opération Chypre (1964)

La main du chauffeur, un rouquin au visage tacheté comme une pomme blette, tortura le levier des vitesses.
— Vas-y, Jo ! lui ordonna le sergent. Et s'ils ne veulent pas s'écarter, écrase-les.
Mais Stan bondit juste devant le capot et rugit :
— Ecoutez-moi bien, O'Brien, vous êtes peut-être Irlandais, mais je vous promets que si vous ne nous prenez pas à bord de votre tacot, il arrivera un jour où je remorquerai votre sacrée foutue île à la noix jusqu'au milieu de l'Atlantique et où je la coulerai à coups de bombes atomiques !
Source : Gallica

Pierre Genève Opération Chypre (1964)

C'était Ari.
Stan l'appela.
Grec se statufia et regarda autour de lui, méfiant. Puis, à la vue de l'Anglais qui tenait
encore son revolver braqué, il chevrota, livide :
— Ne tirez pas, je vous en supplie !
— Idiot ! Où étais-tu, hein ? Tu pouvais pas regarder avant de tirer ? On peut dire que tu as fait du beau travail ! Les macaques, eux, tu les as laissé passer, mais Ismet, tu ne l'as pas raté ! Et moi... c'est tout juste si... allons, tu ferais mieux de rengainer ton artillerie !
— Je vous croyais mort ! balbutia Ari.
— Si je suis en vie, c'est pas grâce à toi, rassure-toi !
Source : Gallica

Pierre Genève Opération Chypre (1964)

Ari, ou plutôt Paros, leva sur la jeune fille un regard haineux. De sa voix froide, impersonnelle, il dit :
— Ne vous disputez pas ! De toute manière, c'est moi seul qui déciderai de mon sort à la seconde que j'aurai choisie ! Mais retenez bien ce que je vais vous dire... mes camarades, vous ne les aurez pas ! Vous ne les aurez jamais... Chypre sera avant peu une île gouvernée par les communistes et mes amis me vengeront en vous tuant comme des chiens !
Sophia se jeta sur le Grec, son poignard à la main. Stan lui arracha son arme et la repoussa sans ménagements.
Source : Gallica

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