Résumé

A. Donné Revue des Deux Mondes

Jamais l’ambition de Dupuytren ne fut satisfaite ; avide de gloire, il avait senti sa supériorité de bonne heure, et son courage ne l’a pas un instant abandonné pour atteindre le but qu’il voyait de loin : « Ce qu’il faut craindre avant tout, disait-il souvent, c’est d’être un homme médiocre ; » et il avait travaillé sans relâche, et il avait fui les douceurs et les plaisirs de la vie, et il s’était condamné à une existence sévère et dure, pour s’élever aussi haut qu’il se sentait de force ; mais son insatiable ambition ne le laissa jamais jouir en repos de sa réputation et de sa fortune
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A. Donné Revue des Deux Mondes

Dupuytren n’était pas moins ambitieux de fortune que de places et de renommée. Il s’occupait avec ardeur des moyens d’augmenter son énorme capital ; il voulait être autant au-dessus des autres par sa richesse que par sa gloire ; peut-être croyait-il que l’éclat de sa fortune rejaillissait encore sur l’éclat de son nom, et il ne se trompait pas. Un savant, escorté de millions, a quelque chose d’imposant qui ne le cède qu’à la pauvreté.
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M. Dupuytren possédait essentiellement ce genre de supériorité. Certes, je ne manquerai pas de preuves qui attesteront son immense talent et son génie, sa vie est riche de faits et d’actions, mais rien de tout cela ne suffirait pour donner une juste idée de ce qui l’élevait au-dessus des autres. Ce n’est pas dans ses travaux seulement, ni dans ses talens comme chirurgien, qu’il faut chercher la raison de la grande autorité de son nom ; c’est à la nature de son esprit, à son caractère et à sa volonté qu’il devait surtout l’espèce de supériorité dont je veux parler.
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