Résumé

A. Grimal Les Heures albigeoises, sonnets… (1933)

Albi !
A tes amants, Albi ! tu rappelles Florence ; Tu t'étales comme elle entre de verts coteaux ; Ton azur a, du sien, la molle transparence Et la Drêche serait ton San-Miniato.
Le Tarn et l'Arno sont égaux en violence,
Surtout quand les limons ensanglantent leurs eaux ; Murs, toits, clochers, palais ont la même apparence, De là-bas et d'ici, les Ponts-vieux sont jumeaux.
Source : Gallica

A. Grimal Les Heures albigeoises, sonnets… (1933)

En amont, c'est la plaine au terroir fructueux Où le Tarn, lentement, a creusé son ornière ; En aval, le Palais, la Cathédrale altière Erigent les panneaux d'un décor fastueux.
Les maisons de la ville, en rouges perspectives, S'allongent, mollement, tout le long des deux rives Et le puissant Pont-neuf domine tout le val.
Malgré son grand passé, malgré sa renommée, Le vieux pont est vaincu par son jeune rival : A côté du géant, il n'est plus qu'un pygmée.
Source : Gallica

A. Grimal Les Heures albigeoises, sonnets… (1933)

Comme de vieilles gens de fatigue recrues, Ils penchent en avant ; leurs façades ventrues Ont des rides partout, suivant les pans de bois.
Le sot et l'ignorant vous traitent de verrues ; Du saint alignement vous transgressez les lois ; Mais pour nous qui savons, vieux logis albigeois, Vous êtes l'ornement, la gloire de nos rues !
Car vous nous rappelez les souvenirs pieux Du passé : les consuls, les travaux des aïeux, Les bourgeois soulevés contre les durs évêques,
Au fond de vos tauliès, les boutiquiers tapis, Dans les fêtes, vos murs tout fleuris de tapis...
Source : Gallica

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