André Gide,
Un esprit non prévenu
“ « C’est un métier que de faire un livre ». De toutes les sentences de La Bruyère, voici celle, hélas ! que les gens de lettres ont le mieux comprise, et les gens de métier se font, de nos jours, si nombreux, qu’on en vient parfois à aimer un livre parce qu’il manque précisément de ce métier qu’eux discréditent. Aujourd’hui l’on n’ose guère plus dire que l’on est bon ; que l’on est constant, fidèle, équitable, reconnaissant ; cela prête à sourire ; et celui qui trop affirme qu’il est sincère fait douter de sa sincérité. ”
