René Lote

Résumé

René Lote L'hygiène du bonheur (1934)

Il ne s'agit pas de se « vautrer », mais simplement de savoir se rendre heureux. Je ne veux pas dire : tout accepter, admettre d'un cœur léger toutes les infortunes, remercier les injustices du sort, se résigner au succès des canailles, des faiseurs, ou des sots. Savoir se dire seulement : j'ai fait ce que j'ai pu, restons digne et continuons à faire pour le mieux. Ne pas s'abandonner soi-même : c'est de l'énergie, et c'est la condition du bonheur... Il y en a, de cette énergie vitale,
jusque sous l'apparente indolence de Gœthe, sous sa prudence ondoyante de majestueux et faible Olympien.
Source : Gallica

René Lote L'hygiène du bonheur (1934)

L'art du bonheur, quelle virtuosité d'élégance! — pas pour « épater » les autres, mais pour garder l'équilibre de son « for intérieur ». Ici, pas de supercherie possible : on ne se joue guère à soi-même la comédie du bonheur.
Oui, le bonheur est chose quotidienne, qui, comme la santé, se surveille, de crainte des accidents et des mauvaises rencontres. C'est un régime, une hygiène, il y faut de la fermeté et de la souplesse, un certain sens de l'à-propos.
Source : Gallica

René Lote L'hygiène du bonheur (1934)

Pascal était malade d'ascétisme. La vie, avec une santé suffisante, peut offrir des satisfactions jusqu'au dernier souffle. Tel est l'état de l'homme normal, jeune homme ou vieillard. Ne nous en écartons pas.
N'ayons qu'un souci : faire durer le plus possible cet état d'équilibre. Si nous nous sentons devenir des désabusés, des renonçants, alors — pas de doute — cette lassitude est un signe avant-coureur de la mort. Que l'évocation d'un Au-delà puisse devenir consolante, quand la faiblesse ainsi nous
gagne, c'est justement une preuve de l'affaiblissement de notre vitalité.
Source : Gallica

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