André Surville

Résumé

André Surville Le roman d'une créole (1878)

Ils ne se demandent pas si le jour de la désillusion viendra, ils ne veulent point le savoir, et se laissent aller, dans leur folle ivresse, à tous
les sacrifices, même à celui du bonheur doux et pur, qu'ils eussent trouvé au foyer honnête d'une union mieux assortie !
M. Anget, qui semblait toujours devoir être vaincu dans sa lutte avec la fée Mélusine, était parti, l'âme assombrie par les plus noirs pressentiments.
Il y avait longtemps qu'il n'avait pas vu le père de René, il allait le retrouver dans les circonstances les plus pénibles, et son cœur loyal en était douloureusement affecté.
Source : Gallica

André Surville Le roman d'une créole (1878)

Et d'ailleurs, dans le traitement moral que je fais subir à cette intéressante enfant, il y a tout plaisir pour moi ; elle est si bonne, si intelligente, si distinguée d'esprit et de cœur qu'on ne peut la voir sans
l'aimer! Quelle aberration de la part de ce malheureux René d'avoir délaissé Louise pour Mme d'Algorre ! C'est une de ces folies qui me jettent dans la stupeur! Et pourtant, ce n'est pas la première fois que j'ai été témoin du succès de cette femme; mais l'empire qu'elle exerce sur les autres hommes est toujours pour moi un sujet d'étonnement!
Source : Gallica

André Surville Le roman d'une créole (1878)

Elle revint à la vie, pourtant, mais si faible, si pâle et si changée qu'elle n'était plus que l'ombre d'elle-même. Le sourire semblait avoir fui à jamais de ses lèvres, et ses yeux, creusés par l'insomnie,'avaient un regard navrant qui déchirait le cœur de sa mère !
M. Anget connaissait un peu la famille de Mérigny, et il s'associait à sa douleur avec d'autant plus de sympathie que M. et Mme Fabrice en souffraient comme s'ils eussent été responsables des caprices et des dédains de leur fils !
— Pauvre Louise ! murmurait le marin, serat-elle donc encore la victime de cet odieux vampire?. Oh!
Source : Gallica

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