Résumé

Mary Floran L'ennemi ([3e édition])

C'était une soirée sombre, les nuages amoncelés de l'orage récent ne laissaient clair qu'un coin de ciel, là-bas, à l'horizon ; bande de lumière qui, seule, éclairait un peu la nuit ; et, de cette obscurité, la solitude s'imprégnait de grandeur et de tristesse. Un moment, Otto et Odile marchèrent en silence l'un près de l'autre. Parfois, le reflet des fenêtres d'une villa très lumineuse se projetait devant eux, illuminant par endroits leur chemin qui, bientôt, retombait dans l'ombre de la nuit. Tout à coup, très loin, du côté de la Canche, un cor de chasse se mit à sonner.
Source : Gallica

Mary Floran L'ennemi ([3e édition])

Ne soyez pas injuste ! dit Odile, seule, vous m'entendez, seule, je porte le poids de la résolution qui me déchire le coeur, mais dont je ne reviendrai pas.
et j'en ai gardé jalousement le secret. Pas un mot n'a été échangé à votre sujet entre ma mère et moi. Ne la rendez donc pas responsable de mes actes. C'est en dehors d'elle que je m'étais promise à vous, vous le savez bien. C'est en dehors d'elle que, de même, je me reprends. Les circonstances dépassent notre vouloir, Otto, ne nous brisons pas dans une lutte vaine contre elles, plus fortes. Soumettons-nous à notre destinée.
Source : Gallica

Mary Floran L'ennemi ([3e édition])

Otto buvait comme ses compagnons et avec eux ; non peut-être au point de perdre la raison, comme ses hommes, que la boisson transformait en brutes féroces,
mais assez pour vivre dans un état habituel d'excitation qui lui cachait la portée véritable des choses, jusqu'à ce que, parvenant à un degré de plus d'ébriété, il en arrivât à l'hébétude, qui les lui faisait oublier. Et, dans ces moments-là, ne songeant plus à Odile, il était heureux, car le souvenir de la jeune fille, attaché à son esprit comme une tunique de Nessus, le torturait dans ses heures de lucidité.
Source : Gallica

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