Armand Corre

Résumé

Armand Corre Nos Créoles (1890)

Le noir, en effet, malgré ses bouffées vaniteuses, a le sentiment assez franc de sa valeur et de sa situation. Son trop-plein de lui-même crève à certains moments, comme une bulle de savon, et alors l'individu s'oublie : ce n'est pas qu'il ne conserve encore une assez haute idée de sa personne, mais il ne ménage plus ses appréciations aux adversaires de sa propre couleur. Ce qu'il ne tolère pas du mulâtre, ni du blanc, le nègre le dit et le pratique contre ceux de sa race.
Source : Gallica

Armand Corre Nos Créoles (1890)

Pourquoi les colons refuseraient-ils cette qualification à des nègres, après les massacres de Saint-Domingue, et quel nom mériteraient-ils eux-mêmes après les drames de l'esclavage (noir jeté vivant dans un four, sur l'ordre d'une douce créole, parce qu'il a mal réussi une pièce de pâtisserie; noir dévoré vivant, par des chiens, sur une place publique, sous les yeux d'un beau monde réuni tout exprès pour jouir de cet amusant spectacle, etc.) ? Non, le nègre n'est pas plus dépourvu que les autres races des sentiments de bonté, de pitié et de charité.
Source : Gallica

Armand Corre Nos Créoles (1890)

Tout noble est doublé d'un riche planteur et tout planteur roturier peut aspirer à la noblesse, car la fortune donne l'influence et mène à tous les hauts emplois de la milice et de l'administration. Cette aristocratie s'entretient et se fortifie par ses mélanges avec le sang européen. Mais elle prépare sa décadence par le trop facile abandon de son berceau : la conduite des habitations est laissée à des gérants, souvent à des affranchis, qui n'ont plus qu'un intérêt secondaire à leur prospérité ; le maître va jouir en France des richesses que lui ont procurées les sueurs de ses esclaves
Source : Gallica

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