Résumé

Lucien Pierre Peytraud L’esclavage aux Antilles françaises avant 1789

« Un propriétaire ne reçoit jamais d’argent et, par représailles, il en donne, s’il se peut, encore moins. C’est en quelque sorte un droit acquis que de ne pas payer ; comme on ne paie pas ses esclaves, on ne paie non plus personne autre, et ce sont deux coutumes qui se tiennent par une même origine. Aussi cite-t-on dans chaque colonie des dettes qui remontent jusqu’à Louis XIII, des habitations engagées pour dix fois leur valeur, et, par contre, des colons héritiers de fortunes immenses, dont ils ne peuvent ni disposer, ni même obtenir la moindre part ».
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Lucien Pierre Peytraud L’esclavage aux Antilles françaises avant 1789

Ces atrocités sont heureusement fort rares et commises par des gens de la plus vile condition ; l’intérêt souvent prescrit à d’autres une commisération que l’humanité seule devrait leur inspirer. Par un abus contraire à toutes les lois, à toute idée de justice, l’esclave est soumis uniquement à la loi que son maître veut lui imposer ; il en résulte que celui-ci a sur lui, par le fait, le droit de vie et de mort, ce qui répugne à tous les principes : il est à la fois l’offensé, l’accusateur, le juge et souvent le bourreau !
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Lucien Pierre Peytraud L’esclavage aux Antilles françaises avant 1789

Après avoir étudié l’esclavage dans les Antilles françaises et tâché de nous rendre compte de son organisation et de ses conséquences, nous croyons d’abord pouvoir dire et nous espérons montrer que le travail libre eût été de beaucoup préférable. En réalité, c’est un intérêt mal entendu qui a fait adopter par la métropole et par les colons le travail servile comme unique moyen d’exploiter le sol. Nous ferons voir, en effet, comment ce préjugé a faussé dès le début le développement de nos colonies, qui en ressentent encore aujourd’hui, dans une certaine mesure, les effets.
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