Résumé

Henri Wallon De l'esclavage dans les colonies… (1847)

Ainsi rétablissons cette vérité qui n'aurait jamais dû faire un doute : l'esclavage a jeté plus de races de la civilisation dans l'abrutissement, qu'il n'en a élevé, de la barbarie à la vie policée. Son rôle dans le monde est de détruire au contraire le travail de la civilisation, de niveler ce qu'elle a élevé, de dissoudre ce qu'elle a réuni; et si chaque fois il n'a point fait table rase, c'est qu'il y avait au fond de la civilisation des vaincus un principe qui, tout affaibli qu'il fût, avait encore la force de se relever et de refleurir.
Source : Gallica

Henri Wallon De l'esclavage dans les colonies… (1847)

Du père au fils, au contraire, il y a comme une succession naturelle de devoirs et de droits qui alternent et se perpétuent dans la même série de générations. L'esclavage n'a pour avenir que l'esclavage; le fils, au milieu des plus dures exigences de l'autorité paternelle, a du moins pour héritage la liberté et le commandement. Pour qu'il devienne esclave, il faut que cet ordre naturel soit arbitrairement suspendu, le père cédant à un étranger les droits qu'il tient de la nature; mais, qu'on le remarque bien, l'enfant vendu par son père ne change point de maître, il change d'état
Source : Gallica

Henri Wallon De l'esclavage dans les colonies… (1847)

Quand la Providence voulut appeler les peuples barbares à la civilisation de Rome, c'est comme maîtres et non comme esclaves qu'elle les y fit entrer.
Il faudra donc retrancher l'antiquité des arguments présentés en faveur de cette institution ; mais dès lors toute la philosophie de l'esclavage a perdu son fondement. L'esclavage n'est plus une loi essentielle de l'organisation de la famille, une condition nécessaire du progrès de l'humanité; il n'a plus rien de providentiel ni de divin; il est tout simpement ce que le sens vulgaire nous le montrait : une usurpation de l'homme par l'homme.
Source : Gallica

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