André-C. de Lacharrière, De l'affranchissement des esclaves dans les colonies françaises (1836)
“ En s'emparant de l'arbre qu'il a creusé, il n'a rien pris à autrui ; en s'emparant de sa pirogue, au contraire, on s'emparerait de sa main-d'oeuvre ; et ce n'est pas là cette propriété précaire qui, née de l'occupation, finit avec elle. C'est une propriété dans toute la force du mot. En quelque endroit que se trouve la pirogue, quelque éloignée qu'elle soit du maître, elle lui appartient : elle lui appartient, parce qu'il lui a donné la forme. La nature a fait l'arbre, lui il a fait la pirogue. Dieu est le maître du monde qu'il a créé ; l'homme l'est de la matière qu'il a façonnée.. ”
