Résumé

E. Sully Brunet Considérations sur le système colonial et plan d'abolition de l'esclavage (1840)

Laisser au temps la solution du problème de l'émancipation, c'est, dans ma manière de voir, ne rien faire pour l'avenir. L'esclavage s'en va, il est vrai; mais il s'en va en ce sens qu'il est condamné par l'opinion, et que, de cet état des esprits à la violence, il n'y a qu'un pas à faire. Ainsi, cette opinion a besoin d'être aidée et dirigée dans sa marche, si l'on ne veut pas livrer les colonies à toutes les éventualités de convulsions sociales.
Source : Gallica

E. Sully Brunet Considérations sur le système colonial et plan d'abolition de l'esclavage (1840)

Le mariage civil, entouré de tant de garanties et de précautions, dans l'intérêt public, ne présenterait aucun avantage pour l'esclave, dont toute l'existence est résumée dans l'autorité du maître , et qui ne peut avoir nul lien avec aucun des membres de la société.
Le mariage civil n'offre pas d'ailleurs cette solennité qui impose et qui imprime le respect aux masses. Le nègre, disposé à subir les enseignements religieux, enclin même au fanatisme, a besoin d'une cérémonie qui frappe ses regards et lui inspire des idées de devoirs.
Source : Gallica

E. Sully Brunet Considérations sur le système colonial et plan d'abolition de l'esclavage (1840)

Mais il faut être sincère : sans l'adoption de moyens propres à faciliter la liberté contre la volonté du maître, l'esclavage, dans nos colonies, abstraction faite des causes violentes qui pourraient en amener l'extinction, augmenterait en nombre, comme aux Etats-Unis.
Puisque l'esclavage est condamné à périr sous les lois françaises, il faut s'occuper de l'abolir avec précaution et loyauté.
Agir sur la génération qui va s'élever, c'est se rendre maître de la question.
Or, en faisant libre tout enfant légitime à naître (art. 4.) , c'est agir par un ressort puissant de civilisation.
Source : Gallica

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