Résumé

Arnelle Madame Cottin d'après sa correspondance…

Je ne connais pas de vie plus fatigante que la vôtre, plus sevrée d’adoucissements. Dehors, c’est de l’ennui ; dans l’intérieur c’est encore pis. Oui, vous êtes malheureux, vous l’êtes beaucoup. Votre situation m’afflige et ce n’est pas sans peine que je vois que l’image de vos amis ne calme pas votre tristesse. Cependant, si j’en jugeais d’après moi ; il me semble que le sentiment de l’amitié, si doux, si paisible, repose au lieu d’émouvoir et que l’idée d’une amie, loin d’agiter, donne au contraire la paix à l’âme.
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Arnelle Madame Cottin d'après sa correspondance…

Je suis sûre qu’à ce moment où une mère fait une faute, elle a oublié ses enfants ; s’ils avaient toujours été présents à sa tendresse, elle n’aurait pas cessé d’être vertueuse. Ah ! que n’a-t-elle toujours porté vers une affection dont elle pouvait s’honorer, cette vivacité qu’elle a placée sur une affection dont elle rougit ! sa conscience serait en paix et son cœur serait bien plus rempli, car les sentiments honnêtes sont plus profonds et plus tendres que les autres, et ce n’est qu’à la vertu qu’il appartient d’être l’objet qui développe le plus d’amour et que nous pouvons le plus aimer.
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Arnelle Madame Cottin d'après sa correspondance…

Vous remplissez mon cœur, mon imagination, le monde, l’espace. Je ne vois rien qu’à travers votre pensée, je n’aime rien qu’après vous avoir aimé, je n’éprouve pas un sentiment qui ne se rapporte à vous, je n’écoute pas une conversation que je ne vous y appelle, je ne réponds qu’à votre esprit, je n’agis que d’après vos directions ; en un mot, je vis toute en vous, au point que je me figure quelquefois qu’il y a autant de vous à Paris que dans les Pyrénées où vous êtes.
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