Résumé

Aug. Colin Lettres sur l’Égypte. — Industrie manufacturière

Au reste, si un Européen voulait fonder une entreprise manufacturière, il ne pourrait guère compter sur l’avenir ; car, l’exploitation n’existant que sous le bon plaisir du pacha, celui-ci serait maître de s’en emparer quand il le voudrait, ce qu’il ne manquerait pas de faire, s’il apercevait qu’il y eût des bénéfices. Cet état de choses paralyse tout développement spontané d’une industrie un peu large, et les Européens ne peuvent exercer en Égypte que des métiers, comme les ouvriers des bazars et des corporations, que Mohammed-Ali n’a pu faire entrer dans sa grande unité.
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Aug. Colin Lettres sur l’Égypte. — Industrie manufacturière

Il est vrai que l’on pourrait objecter que l’Égypte, en tirant de l’Occident les métaux bruts et les travaillant chez elle, est tombée dans la même faute économique ; mais on répond que l’Égypte ne renvoie pas les produits métalliques ouvrés à l’Occident, qu’elle n’en crée que pour elle, pour sa consommation intérieure, tandis que les nations européennes transportent chez elles les produits égyptiens, et les lui renvoient avec la main-d’œuvre de plus, qui est, il est vrai, une valeur réelle, mais aussi avec les frais de transport, qui sont en pure perte.
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Aug. Colin Lettres sur l’Égypte. — Industrie manufacturière

Non-seulement les Arabes d’Égypte sont intrépides, sobres, infatigables dans les travaux en plein air, mais ils ont montré encore la plus grande aptitude, l’intelligence la plus heureuse pour les arts mécaniques et les ouvrages de goût. Voilà à peine une vingtaine d’années que le pacha les a mis en apprentissage, et déjà sont sorties de leurs mains dix de ces puissantes machines que Voltaire regardait comme la seconde merveille de la civilisation moderne.
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