Résumé

Gabriel Charmes Un Essai de gouvernement européen en Égypte

Malgré les exactions sans nombre dont il est l’objet, le paysan égyptien vivrait tranquille sur sa terre et se résignerait à son misérable sort si la corvée ne venait pas mettre le comble à son infortune. De toutes les charges qui l’accablent, celle-ci est la plus cruelle en même temps que la plus inévitable. C’est une pure utopie de croire qu’il serait possible de supprimer la corvée en Égypte ; si l’on essayait de le faire, on ne trouverait jamais assez de travailleurs libres pour entretenir les digues et les canaux, et la richesse publique serait perdue sans retour.
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Gabriel Charmes Un Essai de gouvernement européen en Égypte

Le pouvoir absolu produit partout les mêmes effets ; qu’il soit exercé par un vice-roi ou par un consul général, il aboutit fatalement à de fâcheuses conséquences. Ce sujet est trop brûlant pour que nous y insistions ; mais ceux qui connaissent l’Égypte et l’Orient tout entier savent quels sont les inconvéniens du régime consulaire. Quoi qu’il en soit, la nomination de ministres européens qui rejetait, sinon au second plan, du moins à l’extrémité du premier les consuls généraux n’était pas de nature à inspirer à ceux-ci un bien vif enthousiasme.
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Mais, grâce aux capitulations, les Européens ont tous les profits des prodigalités khédiviales sans en avoir aucun des inconvéniens. Le mot capitulations est, avec le mot bakchich, celui qu’on entend le plus souvent prononcer en Égypte : les indigènes réclament à chaque minute un bakchich ; les Européens ne passent presque pas une seconde sans invoquer les capitulations. La vertu souveraine des capitulations est une chose admirable ; elle permet de tout faire sans s’exposer à aucun désagrément.
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