Résumé

Edmond Plauchut L’Égypte et l’Occupation anglaise

L’ignorance est grande chez le peuple égyptien, mais qui voudrait lui en faire un crime? Le fellah, l’indigène pur, sans cesse préoccupé de faire rendre à la terre tout ce qu’elle peut produire, menacé de crues violentes, de sécheresse prolongée, d’impôts à payer, — quel que soit le résultat final de ses travaux agricoles, — n’a guère le loisir de s’instruire, pas plus qu’il n’a celui de faire instruire ses enfans. Il y aurait cruauté à l’obliger à envoyer sa jeune famille sur les bancs, lorsque la crue du Nil se présente menaçante ou que le soleil brûle les récoltes.
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Edmond Plauchut L’Égypte et l’Occupation anglaise

Alors s’ouvrent les bassins, les digues disparaissent, les instrumens d’irrigation, aussi anciens de forme que l’Egypte, — tellement la tradition est ici sacrée, — sont mis en état de servir. Les fellahs, hommes, femmes et enfans, suivis de leurs bêtes, se précipitent sur les berges pour voir le Nil sourdre dans les canaux en y portant l’abondance et la vie. L’herbe, partout brûlée par le soleil, reverdit, les feuilles des arbres, secouant la poussière du désert qui en faisait comme des feuilles mortes, se redressent et reprennent leur fraîcheur primitive
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Edmond Plauchut L’Égypte et l’Occupation anglaise

Les noirs apôtres du Soudan, n’ayant qu’un Coran à la main, un sordide haillon pour vêtement, mais embrasés par cette flamme du fanatisme qui les fait se jeter à corps perdu sur les baïonnettes anglaises, savent mieux que les apôtres européens faire la conquête religieuse de l’Afrique. Ils triomphent partout; ils convertissent à la doctrine de Mahomet des millions d’idolâtres là où les prédications des pères blancs du cardinal Lavigerie, les bibles des méthodistes anglais, écossais et américains, ne recueillent que de la haine, quand ce n’est pas la mort.
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