Fernand Neuray

Résumé

Fernand Neuray Quinze Jours en Égypte

Un vaste et mélancolique cimetière paré des couleurs vives d'un immuable été: voilà l'Égypte. Une inexprimable tristesse naît de la splendeur de ces ossements, qui ne se relèveront jamais. La fête éternelle de l'azur n'éclaire qu'un tombeau. Nos ruines, à nous, ne sont qu'un accident: un arbre abattu dans une forêt vivante. Celles-ci sont mortes, et c'est pour toujours. Le désert m'a paru l'image de l'Égypte ancienne. Il ne faut qu'un souffle du vent pour y effacer la trace des caravanes.
Source : Gutenberg

Fernand Neuray Quinze Jours en Égypte

Du haut du pylône de Karnak, M. Kaekebroeck lui-même verrait surgir des processions de prêtres, des parades militaires, des chars courir entre les sphinx de la voie triomphale, et le Pharaon trôner parmi ses gardes, ses eunuques et ses chasse-mouches. Mais l'âme de la vieille Égypte est encore, pour nous, un livre fermé. Sur sa sensibilité, sa façon de concevoir l'énigme du monde, sur sa vie intérieure, nous n'avons que des lueurs tremblotantes. Un homme un peu averti suit assez facilement, dans l'histoire grecque ou romaine, la courbe des idées morales et la sensibilité artistique.
Source : Gutenberg

Fernand Neuray Quinze Jours en Égypte

Nous sommes un peu plus d'un million sur douze millions d'Égyptiens; au point de vue de la culture intellectuelle, nous l'emportons, et de beaucoup, sur la majorité musulmane; nous possédons la moitié de la fortune publique; si nous étions seulement trois millions, l'Angleterre pourrait s'en remettre à nous du soin de gouverner le pays, d'y maintenir l'ordre et d'y développer la civilisation. Car il faudra que l'Angleterre, un jour ou l'autre, desserre les liens de l'Égypte. Ceux qui rêvent d'une séparation absolue sont des fous.
Source : Gutenberg

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