Résumé

Paul Merruau L’Égypte sous le gouvernement de Mohammed-Saïd-Pacha

Il s’agissait cette fois de faire le bien des peuples en dépit d’eux-mêmes, car on comprend sans peine la différence qui existe entre une armée nationale et une armée étrangère : l’une est la condition essentielle de tout affranchissement, de toute indépendance, de toute sécurité, de toute prospérité réelles ; l’autre n’est jamais qu’un instrument d’oppression et d’exploitation, à moins pourtant qu’il ne s’agisse d’une armée civilisatrice comme celle de la France en Algérie, celle de l’Angleterre dans l’Inde. Il va sans dire qu’il n’y avait rien de pareil en Égypte avant la création du nizam.
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Paul Merruau L’Égypte sous le gouvernement de Mohammed-Saïd-Pacha

La vie d’un chef d’état est bien courte, surtout quand il s’agit de fonder un empire. Méhémet-Ali n’eût-il fait cependant que conquérir l’hérédité pour ses descendans, c’eût été déjà beaucoup, car il assurait ainsi à l’Égypte la continuité d’un gouvernement qui est identifié à ses destinées et qui ne peut manquer de prendre intérêt à sa prospérité. Autre chose est une espèce de souveraineté héréditaire, autre chose une succession de gouverneurs qui ne songent qu’à leur intérêt personnel pendant leur court passage à la tête de l’administration d’un pays.
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Paul Merruau L’Égypte sous le gouvernement de Mohammed-Saïd-Pacha

Il renonça au monopole, et par conséquent aux contributions en nature. Chacun devant avoir désormais la faculté de vendre ses produits à son gré, c’est-à-dire de les échanger contre de l’argent, Mohammed-Saïd décréta le paiement des impôts en numéraire. C’était une révolution économique qui entraînait avec elle une véritable révolution sociale. La possession de l’argent est un commencement d’émancipation. Quand cesse chez un peuple en servage le mode barbare des échanges en nature, on peut dire que ce peuple a fait un grand pas dans la voie de la civilisation.
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