Résumé

Portrait de Camille Selden Camille Selden Daniel Vlady : histoire d'un musicien (1862)

Il a besoin quand il travaille d'entendre le son de sa voix, le frôlement de sa robe sur l'escalier. S'il s'arrête un instant, il l'écoute babiller avec le petit, et cela le repose. La maison, sans elle, lui paraîtrait déserte, il ne saurait qu'y faire lui-même.
Le soir, parfois elle vient le trouver. Ils causent, ou Daniel lui joue ce qu'il vient de composer.
Aennchen, attentive, écoute avec une sorte d'avidité. Ses yeux brillent, sa joue pâle s'anime. Sa vie en ces moments est comme anéantie. La pensée de Daniel devient comme un foyer où la sienne s'absorbe.
Source : Gallica

Portrait de Camille Selden Camille Selden Daniel Vlady : histoire d'un musicien (1862)

Ce que Daniel éprouve après la première stupeur, c'est une angoisse infinie. Toutes les parties de l'âme qui a d'abord été étourdie se remettent à sentir, et elles sentent de toutes parts quelque chose qui leur manque; il ne peut songer au lendemain ni au jour d'après ; il se demande s'il en sera toujours ainsi et ce qu'il pourra faire seul dans cette chambre. Puis son cœur se gonfle et se contracte à l'attouchement d'idées plus douloureuses, il a envie de se lever et de pousser des cris.
Source : Gallica

Portrait de Camille Selden Camille Selden Daniel Vlady : histoire d'un musicien (1862)

« Il chante déjà juste, » dit Aennchen; et, à l'entendre, vous croiriez que son fils ne peut manquer d'être un grand homme.
- Nous en ferons un Beethoven, c'est convenu, répond Daniel; et en attendant il s'occupe à lui confectionner des pantins avec des morceaux de carton. Ces pantins n'ont qu'un tort, ils ont un air de famille un peu trop prononcé avec Razumof.
Ainsi s'écoule l'été, puis l'hiver. Les neiges fondent, le brouillard cesse d'envelopper les hauteurs. Des ouvertures d'un bleu pur et profond se font à travers les nuages, et le regard y plonge comme dans un lac.
Source : Gallica

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