Claude Anet,
Ariane, jeune fille russe
(1921)
“ Ariane étincelait de vie et d’esprit. Jamais elle n’avait été plus gaie, jamais plus brillante. Elle tenait tête à tous et de ses lèvres arquées partaient des épigrammes pointues comme des flèches.Mais, soudain, comme la conversation roulait sur l’honnêteté en amour, elle changea de ton et, avec un accent nouveau que tous remarquèrent, elle dit :— L’honnêteté, qu’est-ce que c’est ? Une fille qui se donne pour de l’argent a son honnêteté, tout comme une femme qui n’a pas d’amant. Qui peut mesurer du dehors où est l’honneur et où est la honte ? ”
