Résumé

E. Aubin Clément Marot, sa vie, son caractère et ses oeuvres… (1866)

CLÉMENT MAROT,
SA VIE, SON CARACTÈRE ET SES ŒUVRES.
MESSIEURS,
Il existe deux sortes d'écrivains. Les uns génies abrupts, sévères, comme ces pics semés d'abîmes et qui surplombent de toutes parts, semblent défier l'examen et repousser tout commerce familier avec la critique; dans l'antiquité, par exemple : Moïse, Homère, Lucrèce, Tacites Juvénal; dans les temps modernes : Dante, Shakespeare, Milton, Corneille. Les autres avec une affabilité toute hospitalière nous laissent pénétrer sans trouble et sans fatigue au centre même de leur pensée.
Source : Gallica

E. Aubin Clément Marot, sa vie, son caractère et ses oeuvres… (1866)

Qu'est donc venu ajouter Marot à ce premier fonds fourni par ses prédécesseurs ? Une qualité, Messieurs, qu'il nous a léguée à travers les temps, qualité éminemment française : l'esprit, et de plus, ce qui fait l'essence de sa personnalité poétique, la naïveté dans la grâce.
Mais à proportion que notre littérature se pénétrait du génie de la renaissance, cette naïveté, fleur des temps chevaleresques, disparaissait chaque jour sous la teinte philosophique de l'antiquité. L'esprit seul, l'esprit français demeura et s'y retrempa. Parcourons en effet les trois siècles qui nous séparent
de Marot
Source : Gallica

E. Aubin Clément Marot, sa vie, son caractère et ses oeuvres… (1866)

Rabelais était contraint
de déguiser sous le masque de la folie les éternelles vérités qu'il allait remettre en lumière, et le doux, l'inoffensif Marot entrait dans l'affreuse geôle du Grand-Châtelet. Mais la muse venait encore y visiter son fils. Le poète y protestait contre la barbarie de ses juges en renouvelant, sous une forme moins naïve peut-être, les vieilles satires du vieux roman de la Rose.
Source : Gallica

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