Résumé

Édouard de Cazenove De l'Esprit gaulois dans la poésie française… (1860)

Il est curieux de voir notre poésie éclore alors à la fois sur les marches du trône et dans une classe abjecte de la société; dans les prisons royales d'Angleterre et dans un cachot du Chàtelet, comme pour nous prouver que le génie, si jaloux de se montrer indépendant du rang et de la fortune, l'est presque au même point de l'éducation, et, il faut le dire, des sentiments. Le génie, en effet, n'est pas le bien, il n'en est que la théorie; tout grand poëte a sondé le coeur humain dans ce qu'il a de pur, de délicat, de sublime
Source : Gallica

Édouard de Cazenove De l'Esprit gaulois dans la poésie française… (1860)

Nous admirons, dans Malherbe, une grande figure sous un style élevé, la vérité frappante sans réalité hideuse, l'horreur sans dégoût, l'art, enfin, s'alliant à la nature sans l'affaiblir! D'où vient, au contraire, que la mort peinte par Crétin nous laisse sans la moindre émotion? C'est qu'en se dépouillant dé la rudesse de Villon, il s'est privé de son énergie, de son coloris, de son originalité, sans se rapprocher plus que lui de l'idéal majestueux de Malherbe.
Source : Gallica

Édouard de Cazenove De l'Esprit gaulois dans la poésie française… (1860)

Ces citations suffisent pour faire distinguer le génie poétique de Villon ; elles laissent aussi entrevoirie principal défaut qui le dépare. Villon fut au quinzième siècle ce que nous nommons au dix-neuvième un écrivain réaliste, peignant les objets sans choix, sans proportion, sans respect de lui-même et du lecteur. Le choix des couleurs est invention aussi bien que celui des pensées, a dit la Bruyère; l'absence de cette invention, qui n'est que le goût, signale presque toujours la naissance ou le déclin d'une littérature.
Après l'appréciation du poëte vient celle de l'homme.
Source : Gallica

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