Edmond Jaloux,
Le boudoir de Proserpine
(1910)
“ Le sculpteur qui l'a taillé dans un marbre vivant a dû sourire en le terminant, et se dire : " Quel dommage qu'une telle face soit soumise aux lois du Temps ! Ç'aurait été une chose à protéger de la mort universelle ! " Mais nous ne vieillirons pas ensemble, Cinthia. Vieillir ensemble, c'est peut-être tout l'amour ! Où serez-vous alors ? Où serai-je ? Je ne verrai pas, il est vrai, vos rides se creuser, ni vos cheveux blanchir... Ah ! penser qu'un visage comme le vôtre, Cinthia, puisse enlaidir ! — Alors l'homme qui n'aura eu dans votre destin qu'une petite place, demeurera seul à vos côtés. ”
