Résumé

G. Dumas Revue des Deux Mondes

Sans doute saint François d’Assise a eu une vision, mais si l’on se reporte à nos citations, on pourra constater qu’il est placé au-dessous et non en face du séraphin crucifié, qu’il ne s’absorbe pas dans la contemplation de ses blessures, qu’il n’en voit sortir aucun rayon lumineux ou sanglant qui vienne frapper son flanc, ses pieds ou ses mains, qu’il ignore même le sens précis de sa vision, et qu’il ne peut, à l’encontre de ses nombreux successeurs, se représenter une stigmatisation dont il ne connaît pas d’exemple
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G. Dumas Revue des Deux Mondes

C’est donc à la toute-puissance des images pendant l’extase qu’il convient d’attribuer les stigmates, mais ce serait une erreur de croire que les mystiques sont passés de l’image à la réalité par la représentation pure et simple d’une plaie. Tous ceux qui nous ont laissé des détails sur la scène de leur stigmatisation nous racontent non seulement qu’ils ont contemplé avec amour les blessures de Jésus, mais qu’ils se sont vus blessés eux-mêmes, soit par une lance de fer et de flamme, soit par des rayons lumineux et sanglans
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L’imagination fortement excitée peut agir sur nos organes, tantôt pour y développer des maladies, tantôt pour les guérir ; c’est à l’ordre des maladies créées par l’imagination qu’appartiennent les affections bizarres nées sous l’influence du mysticisme chrétien. Quand l’imagination est vivement frappée, elle contraint tout l’organisme à se plier à toutes ses créations ; on concevra donc qu’elle soit capable d’imprimer sur une partie du corps, vers laquelle elle a concentré tout son effort, une marque, une espèce de plaie qui laissera ensuite une véritable cicatrice...
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