Georges Jean-Aubry

Résumé

Georges Jean-Aubry Mérimée (Jean-Aubry)

Gentilhomme, on peut, à son gré, être désuet, ignorant, ou même insolent à ses heures, la grandeur et l’aisance des manières et du cœur savent en compenser les lacunes ; là, peut-être plus que partout ailleurs, il est vrai que c’est la foi qui sauve. Faute d’une vaste foi, eût-on toute l’honnêteté du siècle, on n’est que « gentleman ». C’est l’honnête homme habillé à la mode de Londres, avec les conventions, les pratiques, le bon faiseur et la raideur ; fût-on né à Paris ou à Manchester, il n’importe ; gentilshommes, Shelley ou Byron, mais seulement gentleman un Guizot ou un Mérimée.
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Georges Jean-Aubry Mérimée (Jean-Aubry)

Il s’entendait à décliner, non par absence de séduction ; si son visage n’en avait guère, son esprit avait bien des attraits et, même à deux doigts de la mort, il inspirait des sentiments. Il étalait volontiers un certain cynisme d’expression, un cynisme élégant qui n’est pas pour déplaire aux femmes, mais, si loin qu’il pût aller, ce n’était pas à l’aventure, il en était comme de ces audaces de vierges anglaises qui savent toujours où elles en sont.
Mérimée a toujours peur de perdre la tête, il sait fort bien que c’est surtout par là qu’il vaut.
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Georges Jean-Aubry Mérimée (Jean-Aubry)

Mérimée n’a pas de premiers mouvements, ou plutôt ils sont rétractiles : il a un goût d’économie qui l’empêche de se donner. Stendhal gémit de la sottise de son temps, craint les espions à chaque pas, maudit la canaillerie des femmes, mais il sait trouver en tout lieu des raisons d’intérêt, d’indiscrétion et de passion, et, en fin de compte, il n’est d’endroit du monde où il ne s’amuse : car Beyle amuse Stendhal infiniment. Mérimée ennuie Mérimée.
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