Georges-Victor Hénaux

Résumé

Georges-Victor Hénaux De l'amour des femmes pour les sots

Il ne lui doit pas le bonheur, il le lui donne, et comme tout le porte à exagérer son bienfait, il ne lui vient pas même l’idée que l’on puisse s’en montrer ingrat. Ainsi, au milieu des joies de l’amour, il goûte encore les enivrements de la fatuité. Mais comme, en définitive, l’objet de son culte n’est autre que lui-même, il s’ennuie vite ; et comme l’amour n’est pour lui qu’un amusement qui passe, les dernières faveurs, loin de l’enchaîner plus fortement, le détachent par la satiété.
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Georges-Victor Hénaux De l'amour des femmes pour les sots

Ces infortunes de l’âge sont inconnues au sot, car chaque jour qui passe ne lui fait pas trouver dans l’amour un bien plus cher et plus difficile à conquérir. Les hasards de la vie ne Payant ni amélioré ni endurci, continuant à voir les femmes du même œil qu’autrefois, il leur exprime ses ardeurs avec les mêmes larmes et les mêmes soupirs qui lui ont servi à peindre ses anciens tourments. Et comme il n’a pas appris à exiger d’elles autre chose que les apparences de la passion, il vient aisément à bout de se persuader qu’on l’aime. Loin de s’enfuir, il persévère — et il triomphe.
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Georges-Victor Hénaux De l'amour des femmes pour les sots

Respectueux jusqu’à en être craintif, il n’ose exprimer son amour en paroles : il l’exhale par une suite non interrompue de douces prévenances, de tendres égards, d’attentions délicates. Comme il ne veut rien obtenir au prix d’une indignité, il n’est pas éternellement sur les pas de celle qu’il aime : il ne la poursuit pas, il ne la fatigue pas de sa présence. Pour l’intéresser à ses maux, il n’affiche pas un air piteux, sombre, plaintif ; au contraire, il s’efforce d’être toujours bon, affectueux et gai auprès d’elle.
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