Georges de Scudéry,
Alaric, ou Rome vaincue
“ C’est le temps, c’est le temps, respond cette princesse, Qui vous descouvrira si vostre flâme cesse : C’est de luy, non de vous, que je le veux sçavoir : Et si vous aymez bien il me le fera voir. Le temps, dit Alaric, n’a point assez d’années, Pour changer de mon cœur les belles destinées : Il mourra vostre esclave, et dans ce dernier jour, On le verra finir avant que son amour. Il ne vit plus qu’en vous, unique objet qu’il ayme ; Et ce cœur transformé cesse d’estre luy-mesme : Heureux, et trop heureux, si le vostre aujourd’huy, A la mesme fortune, et change comme luy. ”
