Jacques-Albin-Simon Collin de Plancy

Résumé

Jacques-Albin-Simon Collin de Plancy Légende du Juif-Errant, par J. Collin de Plancy… (1847)

Je dirai plus, reprit Jean, dont les regards singuliers justifiaient le soupçon de démence qui venait de s'élever contre lui, aucun de vos prisonniers ne portera de longues chaînes, car votre puissance est condamnée ; et demain les hommes du libre esprit seront libres aussi de leur corps. J'ajouterai que ce qu'ils ont fait, je l'adopte, et que j'unis mon sort à leur sort.
Le voyant se rassit, en promenant avec égarement ses yeux effarés sur les drossards et les princes, qui riaient de lui, mais qui se sentaient étonnés de tant d'audace, devant un tribunal que deux mille soldats appuyaient.
Source : Gallica

Jacques-Albin-Simon Collin de Plancy Légende du Juif-Errant, par J. Collin de Plancy… (1847)

Sara comprit que c'était un signal du Juif, qui lui annonçait ainsi sa présence permanente autour d'elle.
Le huitième jour, comme elle se rendait à une demi-lieue d'Iburg, demandée par une femme qui voulait savoir quelque chose de ce qu'elle appelait sa destinée, Sara, parvenue à l'angle d'un bois qui bordait le chemin, en vit sortir tout à coup Isaac, qui lui dit :
— Hâtez-vous, car dans deux heures le Prince vous demandera, et l'occasion que vous guettez pourra aujourd'hui vous ouvrir les bras. Je serai près de vous, s'il y a péril.
Source : Gallica

Jacques-Albin-Simon Collin de Plancy Légende du Juif-Errant, par J. Collin de Plancy… (1847)

Les larmes seulement peuvent le ramollir, et vous pleurerez trois fois : à la première vous pleurerez de rage, à la deuxième vous pleurerez d'orgueil, à la troisième vous pleurerez de pitié. Alors l'acier de votre coeur se fondra ; vous serez aimé et vous pourrez mourir.
On ajoute que de longs siècles passèrent sur cette prophétie, et que ce ne fut qu'au temps du pape Innocent III que le Juif-Errant pleura pour la première fois, transporté de rage à la destruction des Albigeois, qui démolissaient l'église chrétienne avec plus de rapidité et d'adresse que les persécuteurs.
Source : Gallica

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