Résumé

Portrait de Jean Balde Jean Balde La Revue hebdomadaire

Il n’est pas douteux que la Vivante soit le symbole de cette destinée. L’enfant de marbre, couchée, gracieuse et inerte, la joue contre terre, tend aussi une paume entr’ouverte qui semble attendre l’inconnu. Marie Lenéru, penchée sur elle, suscitant peu à peu le grand frémissement du réveil mental, écoute battre un cœur délivré dans cette forme charmante.
Mais elle a trop de force dans l’esprit pour limiter cette expérience, l’isoler du monde. Une Ellen Keller, une Marie Lenéru n’ont fait ce chemin prodigieux que pour rentrer dans l’humanité.
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Le mariage sans amour est toujours aussi faux, qu’il soit dû à la vénalité ou à l’abnégation. D’ailleurs la vie commune est un lien trop fort, et pour peu que les êtres méritent l’amour ils ne peuvent pas se le refuser. Aussi ma pièce « finit bien » et c’est précisément ce que j’ai trouvé tragique. Cet oubli complet, ce dépouillement absolu d’une morte à qui l’on voulait obéir, cette substitution d’une femme à l’autre dans l’âme du mari et des enfants...
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Et sur tout cela, ombre portée d’une invisible présence, la mélancolie amère de oubli !
Mais qui peut arrêter le cours de la vie ? Ceux qui sont morts quand nous les aimions, sont-ils vraiment des invincibles ? Serait-il vrai que l’on n’oublie que les vivants ? Problèmes éternels que chacun peut être appelé à résoudre selon ses forces. Marie Lenéru les a traités avec une passion que trahissent des accents d’une âpre ironie. Sur la situation qu’elle a créée, ce second mariage qui est un défi à la mort, mais aussi à l’amour et à la jeunesse, pèsent lourdement toutes les lois violées.
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