“ Vain espoir... la journée finie, on rentra plus triste que jamais. Or, dans l’âme de ce grand vieillard au cœur si bon, si doux, si patient, brillait une flamme étrange, un feu de colère grondait contre ceux-là qui le faisaient tant souffrir... qui faisaient souffrir les siens ! Mais ce soir-là, étendu à côté de Beauséjour, le père Brunel — peut-être parce qu’il faisait moins chaud que le soir d’avant — oui, le vieux paysan s’endormit lourdement. Et le lendemain, lorsque le gong le tira en sursaut de son sommeil, il constata avec surprise que Beauséjour n’était plus là. ”
Jean Féron
Résumé
“La corvée”, est une œuvre de Jean Féron. Des thèmes tels que Brunel, Beauséjour ou Jaunart y sont abordés.
Citations de La corvée (Jean Féron)
“ C’était pour Mariette un ordre indirect de s’en aller. Le père Brunel sentit son cœur de père tressaillir comme sous un affront. — Barthoud, cria-t-il en pâlissant de colère, prends garde... prends garde ! Un père qui défend sa fille, c’est dangereux ! Et l’on voyait ses mains trembler, ses lèvres se serrer avec force comme pour arrêter la riposte sanglante, l’invective, et ses yeux gris étincelaient. De nouveau l’orage grondait au cœur de ce malheureux, et il était à craindre que la tempête n’éclatât avec plus de violence et ne poussât l’homme qu’elle bouleversait à faire un geste fatal. ”
“ De même que Mariette était revenue de son inconscience, Beauséjour sortit de sa torpeur méditative. Il allait parler pour répondre à la question qu’on venait de lui poser... Il n’eut pas le temps d’émettre un son, car au même instant Clémence poussait un cri de douleur et gémissait en se repliant sur elle-même : — Ah ! c’est donc vrai qu’ils l’ont tué... ils l’ont tué... ils l’ont tué ! répéta-t-elle. Et aussitôt elle s’affaissa tout à fait dans son coin comme si elle allait rendre son dernier souffle de vie. Mariette, effrayée, se précipita sur elle. ”
