“ Le docteur Josaphat a d'admirables cheveux blancs et un compte-courant au bureau central des annonces; le faubourg Saint Germain rhumatisant tient à lui comme Landevan tenait à la Poule Noire.Mais Laroche! Voilà un exemple de ce que peut l'esprit de conduite, joint à la moralité. Je marque les étapes: M. Laroche,—M. Delaroche,—M. de Laroche,—M. de la Roche! A ce point culminant, il avait brûlé cinq commandites et régnait sur une société anonyme d'intérêt général. Il m'a été donné de le revoir. Chacune de ses faillites lui fait comme une gloire autour de son front. C'est l'homme du siècle. ”
Citations sur “Laroche”
“ Maintenant, voilà l'histoire; j'ai cru d'abord que mon mari en était, par rancune contre la petite; mais c'est un homme comme il faut, en définitive, et il reste bien au-dessus de tout cela. D'ailleurs, l'âge vient, la goutte le mord, il laisse de côté ses habitudes et se réfugie dans le travail. Il grandit, au palais. Sais-tu que je serais encore bien jeune pour être la femme d'un garde des sceaux! Voilà donc l'histoire: c'est Laroche. ”
Albéric Second,
Contes sans prétention...
(1857)
“ Ce n'est point une jeune fille, comme tu parais le croire; c'est une femme raisonnable qui nous aimera tous les deux, qui nous soignera tous les deux; car nous ne sommes plus jeunes, Laroche; avec l'âge viendront les infirmités, et ne sera-t-il pas bien doux de trouver chez nous, à poste fixe, une compagne toujours bonne et dévouée? Ainsi parla Jolliet ; il dit ces choses et de bien plus éloquentes encore; Laroche, à demi ébranlé, consentit à voir la future de son ami. C'était véritablement une bonne femme qui, à force de douceur et de vertus civiles, acheva de gagner la cause du mariage. ”
Ernest de Limagne, Mosaïque : album du monde élégant (1854)
“ Escorté la plupart du temps de quelque grand garçon, manière d'aide-de-camp, Laroche promenait dans tous les coins sa bonne humeur et distribuait sa menue monnaie. Aux pauvres, il disait : — Vous serez riches au ciel, et il les secourait. Aux riches : —Vous serez pauvres au ciel si vous gardez tout votre bien sur la terre, et il stimulait leur libéralité en faveur des indigents. Puis, quand il avait fini sa tournée, il rentrait chez lui l'âme pleine et satisfaite. C'était là, suivant son expression, le seul BON TEMPS qu'il voulût jamais se donner. ”
Albéric Second,
Contes sans prétention...
(1857)
“ Au milieu de la chambre, et comme pour couronner l'oeuvre, un réchaud était renversé et une apparence de bifteck se consumait dans les charbons et dans la cendre. L'aspect de ce triste intérieur en dit plus au coeur de Mme Jolliet que toutes les plaintes de Laroche. — Pauvre homme! pensa-t-elle, il est malheureux, il souffre ; de son côté, mon mari a perdu son repos et sa tranquillité... je les réconcilierai, il le faut, je le dois. Laroche s'était agenouillé et contemplait d'un air consterné les débris de son déjeuner; Mme Jolliet lui frappa sur l'épaule. ”
Albéric Second,
Contes sans prétention...
(1857)
“ HISTOIRE DE DEUX BASSONS DE L' OPERA 135 de communication. Pendant ce temps, et tout en surveillant les ouvriers, Laroche écrivit la lettre suivante qu'il jeta le soir même à la poste : « Monsieur, » Il ne peut plus exister rien de commun entre nous : NOUS avez brisé notre amitié sans vous inquiéter de savoir si du même coup vous ne brisiez pas mon coeur; vous m'avez mis à la porte, moi, votre vieux camarade' votre frère depuis vingt-cinq ans ; vous n'avez pas eu pitié de mes regards suppliants... c'est un triste courage que celui-là, monsieur. ”
Pierre César, Au moulin de la mort
“ C’était Jeanne de Laroche, dont le mari a disparu d’une façon si étrange. Un quart de siècle ! Quelle longue période de l’existence humaine, surtout si elle comprend la maturité de la vie, comme c’était le cas pour la comtesse. ”
“ Laroche aussi, autre Caton, disait qu'il fallait pendre tous ces coquins d'auteurs. Il n'y avait bandits ni fous avant l'invention du roman: l'histoire l'enseigne. Mandrin lisait des romans; Cartouche en faisait peut-être sous le voile du pseudonyme. O vertu! quand donc le monde rendra-t-il justice à Laroche? Quand donc la foule stupide jonchera-t-elle de fleurs la route nocturne qui mène de l'hôtel de Kervigné chez le marchand d'acajou? On parle toujours de saint Vincent de Paul ”
Alexandre Huot, Le trésor de Bigot
“ Les bandits mettaient-ils à exécution leur menace de lui brûler les doigts ? Soudain Tricentenaire déclara : — Si le chef apprend jamais les inutiles souffrances que vous faites endurer à ce vieillard, il va vous en cuire ! Qui de vous a tiré sur Jules Laroche ce matin ? Le chef vous a toujours défendu de tuer, de blesser même. Vous deviez vous emparer de Jules Laroche vivant. Ah ! Je vais lui dire comment vous traitez le père Latulippe et si vous n’êtes pas envoyés aux orties, je serai le plus surpris des hommes. ”
Albéric Second,
Contes sans prétention...
(1857)
“ J'ai le regret de vous le dire, chère dame : votre mari est un être insociable, sacrifiant ses amitiés à ses passions tyranniques, et haineux comme un Corse. 152 CONTES SANS PRÉTENTION Comme il parlait ainsi, un léger bruit se fit entendre dans la pièce voisine, et une odeur suffocante se répandit aussitôt. — Ah ! mon Dieu! s'écria Laroche, et mon déjeuner que j'oubliais ! Il s'élança ; Mme Jolliet le suivit, et un spectacle lamentable s'offrit à ses regards : l'appartement de Laroche était méconnaissable ”
“ On ne peut contempler un travail de haute école pendant deux heures d'horloge: ma cousine me harassait; j'aurais donné beaucoup pour la voir glisser, mais elle avait le pied sûr comme une mule savoyarde. Elle sauta par-dessus Laroche lui-même, sans broncher, et passa enfin ses fameux vingt-huit ans, en conservant intacte la blancheur de sa vieille robe nuptiale. Monde idiot et pervers! hypocrisie des dames! Insolence des messieurs! Il n'y avait qu'elle d'étincelante dans cette noire cohue!Vous figurez-vous le mari d'une telle femme, rédigeant des affiches pour le théâtre Beaumarchais! ”
Alexandre Huot, Le trésor de Bigot
“ J’ai fini de jouer à cache-cache avec monsieur Laroche. C’est trop dangereux. Je lui expliquerai tout aussitôt que je le rencontrerai. Mais je pensai : — Alliez-vous me croire ? Mes agissements étaient si suspects !... ”
Albéric Second,
Contes sans prétention...
(1857)
“ Moi, ton époux, j'aurais déserté le toit conjugal, que tu ne paraîtrais pas plus offensée. Que diable! Laroche n'était pas marié avec 150 CONTES SANS PRETENTION nous ; il est parfaitement libre de porter sa tente autre part; il l'a fait, et je ne trouve pas qu'il y ait là de quoi pleurer toutes les larmes de son corps ni se couvrir la tête de cendres. Mme Jolliet garda le silence; mais elle se promit de faire cesser cet état de choses qui l'affligeait sincèrement. Un matin que son mari était sorti, elle frappa trois légers coups à la porte de communication; Laroche vint ouvrir en personne ”
Jules Lemaître,
Jean-Jacques Rousseau
“ Celui-là avait une marque dans ses langes. (Il dit dans les Confessions que « cette marque était un chiffre qu’il avait fait en double, sur deux cartes, dont une fut mise dans les langes de l’enfant ».) Les autres enfants n’avaient aucune marque. Laroche, homme de confiance de la maréchale, fait donc des démarches pour retrouver l’aîné, celui qui avait une marque, et qui en 1761 devait, s’il vivait encore, avoir quatorze ans. Les recherches sont infructueuses. ”
Raoul Laffon, Les annales de Saint-Cernin-de-Larche… (1909)
“ Laroche, de Maslegrèze, fut désigné pour Larche ; Laffon, du Peyroulet, pour St-Pantaléon et Grangé, du Champ Dalou, pour St-Cernin. Séance du 25 novembre 1793. 4 frimaire an II. La société accepte « l'ofrande faite par le citoyen Laroche, de Maslegrèze, d'une paire de boucles d'argent, d'une tabatière aussi d'argent et d'un louis d'or de douze francs » pour être apportés au directoire du district et être convertis en monnaie et en échange d'assignats. ”
Albéric Second,
Contes sans prétention...
(1857)
“ Si c'est ma mort qu'il désire, si. je le gêne sur cette terre, eh! mon Dieu! qu'il le dise, je me tuerai; car, trépas pour trépas, je préfère me suicider : au moins lui épargnerai-je le remords d'un forfait. La douleur de Laroche était une douleur si réellement sentie, son désespoir était de si bonne foi, que Mme Jolliet fut attendrie. HISTOIRE DE DEUX BASSONS DE L' OPERA loi — Mon cher voisin, répondit-elle en lui prenant la main, je ne dis pas que vous ayez tout à fait tort de vous plaindre, mais il me semble que vous exagérez singulièrement les peccadilles de mon mari. ”
Albéric Second,
Contes sans prétention...
(1857)
“ Tu ferais mieux de t'écrier tout de 128 CONTES SANS PRÉTENTION suite : « Le public, c'est moi ! » Ce serait plus concis et tout aussi raisonnable. Ces discussions, souvent répétées, n'avaient pas encore porté atteinte aux sentiments d'amitié qui unissaient les deux vieux bassons, mais déjà leurs bonnes relations étaient altérées. Amoureux de la paix intérieure, jaloux de prévenir les querelles, Laroche paraissait rarement aux dîners de Mme Jolliet; il prétextait des invitations en ville et préférait se condamner au régime cellulaire du restaurant à la carte. ”
Cour d'assises d'Ile-et-Vilaine…
“ Ces opinions, elles sont connues : n'attendez pas de moi que je cherche à les nier, ni que j'essaie d'en dissimuler la franchise sous des couleurs hypocrites; il ne le souffrirait pas, et son noble coeur, repoussant aussitôt le secours flétrissant d'une indigne amitié, m'imposerait silence. Oui, Messieurs, La Roche est de ces hommes sur qui ni l'ambition, ni l'espérance, ni la crainte n'ont de prise ; on peut condamner sa bouche à un éternel silence, on ne la condamnera jamais au mensonge ”
Léon Laroche, C'est un prodige ! opérette en un acte…
“ LUCIEN, à part. Avec tout ça, ai-je une femme, ou n'en ai-je pas?. Je me le demande. JAMBANLAIR, avec effroi. 0 Ciel!. Puis-je en croire mes yeux. (Lisant.) « Votre maison est brûlée. — Revenez vite. » LUCIEN, avec surprise. Qu'entends-je ?. votre maison. JAMBANLAIR, vivement. Brûlée ! réduite en cendres !. (Prenant son parapluie, son sac de voyage et mettant son chapeau.) Je ne peux pas rester ici plus longtemps. LUCIEN. Comment, vous allez déjà partir? JAMBANLAIR, avec empressement. Oui, sur-le-champ. LUCIEN. Mais, mon oncle. JAMBANLAIR, même jeu. Il le faut absolument. ”
Cour d'assises d'Ile-et-Vilaine…
“ Vous nous opposez la déclaration de Chevalier, qui a été embauché par un M. La Roche. Eh bien! Chevalier lui-même désigne ce M. La Roche comme ayant une longue barbe et de fortes moustaches. A qui persuaderez-vous que M. La Roche se fût couvert de ce déguisement dans ses rapports intimes avec ses fidèles, avec ceux de qui il n'avait rien à craindre ? Non, vous ne le persuaderez à personne, et d'ailleurs, je le répète, c'est une pure allégation de votre part ”
Léopold Laroche, Panégyrique de sainte Thérèse prononcé… (1890)
“ L'agonie, ou plutôt l'extase dura quatorze heures. Enfin, l'amour ayant consumé les derniers liens qui la retenaient, elle poussa trois légers soupirs et son âme s'envola dans le sein de Dieu. Au même instant, sous la fenêtre de la cellule, un arbre desséché refleurit ; des parfums célestes remplissent et embaument le couvent ; des voix angéliques se font entendre ; des vierges du ciel viennent chercher leur sœur. Les miracles commencent. Bientôt l'Église de la terre unira ses hommages à ceux de l'Église du ciel. ”
Léopold Laroche, Panégyrique du bienheureux Jean-Baptiste de La Salle… (1888)
“ Ils cherchent à lui enlever le cœur de ses enfants. Ils flattent l'orgueil des uns, ils excitent la cupidité des autres ; ils exploitent des ambitions froissées, des amours-propres aigris, et le saint fondateur voit des jeunes gens qu'il aime quitter le noviciat ; il voit tomber des Frères qu'il regardait comme les colonnes de son Institut, et afin qu'aucun trait de ressemblance avec son divin maître ne lui manque, il rencontre, lui aussi, un Judas. ”
Louis Laroche, Fleurs sèches d'Espagne (1905)
“ Cette vierge (1) tient l'Enfant Jésus dans ses bras d'où glisse un long chapelet. « Elle pleure, dit la légende, tous les ans, le jour de sa fête. » Coiffée d'une perruque, couronnée d'un soleil, éclairée par plus de 100 grosses lampes d'or et d'argent massif qui brûlent nuit et jour, « elle brille tellement, au milieu des cierges, disait Saint-Simon, qu'on ne peut rien voir de plus magnifique ». Les richesses de cette image, en coiffures, dentelles, étoffes précieuses, argenterie, pierreries, sont prodigieuses (2) , les reines lui offrent leurs toilettes de noces. ”
Léon Laroche, C'est un prodige ! opérette en un acte…
“ Oui. c'est cela. (Avec résolution.) Le plan est bon, et je l'adopte. (Écoutant.) On monte ici!. serait-ce déjà Lucien ?. (Elle va écouter à la porte du fond.) JAMBANLAIR, derrière les coulisses. Au cinquième, au-dessus de l'entresol. merci bien, Madame. CAMILLE, se plaçant à gauche de la porte. Non ; ce doit être son oncle. SCÈNE m. CAMILLE, — JAMBANLAIR, entrant en faisant des sauts et des ailes de pigeon. (Il porte un grand parapluie rouge et un sac de voyage. — De temps à autre, il fait des pirouettes et simule des pas de danse.) JAMBANLAIR, à part.. ”
Léopold Laroche, Panégyrique du bienheureux Jean-Baptiste de La Salle… (1888)
“ Comme il était heureux et fier, quand il entendit ses disciples faire leurs premiers serments ! Lui, le chef de celte milice sacrée, il sentait son cœur battre d'enthousiasme. Mais il fallait enflammer, soulever ses soldats ; il fallait faire passer en eux son âme héroïque, leur inspirer l'abnégation, le dévoûment, le courage ; il fallait allumer en eux un si grand amour qu'il répandît un charme austère sur le sacrifice lui-même. ”
Léon Laroche, Haïti, une page d'histoire, par Léon Laroche… (1885)
“ M. Salomon ne feignit le libéralisme que pour déguiser ses vues et approcher la République. La poésie, la pompe du langage, la parole doucereuse, cachèrent sa perfidie comme la surface brillante de la rigole cache les impuretés du fond. Il fut l'homme des conjurations souterraines. Dans sa politique, tous les moyens sont bons. Mentir, calomnier, trahir ses promesses, n'est pour lui qu'un jeu. Il voulut parvenir à tout prix, même au prix de l'ignominie. Intelligence médiocre dans le bien, coeur sans amour, durci par les ans, il se démasqua en montant au pouvoir. ”
Léon Laroche, Haïti, une page d'histoire, par Léon Laroche… (1885)
“ Pendant que M. Salomon essaie de s'étourdir et de s'enivrer dans la victoire, il est consolant de savoir que des hommes vertueux veillent et que les idées libérales brillent au-dessus de nos sottises comme un flambeau au-dessus de l'abîme. ”
Léopold Laroche, Panégyrique de sainte Thérèse prononcé… (1890)
“ Le déchirement avait été tel que, vingt ans après, son âme en frissonnait encore et elle ne croyait pas que la mort même pût lui réserver un pareil tourment. Au moment de franchir le seuil, il lui avait semblé que ses os se détachaient les uns des autres et qu'elle allait mourir. Oui, ô Thérèse, il faut mourir, mourir au monde, mourir à vous-même, ne plus disputer à Jésus-Christ ce cœur que lui seul peut remplir et reprendre avec lui vos communications intimes. ”
Léopold Laroche, Panégyrique de sainte Thérèse prononcé… (1890)
“ Elle les reprend, en effet; elle passe de longues heures devant le tabernacle, immobile, le visage en feu, les yeux baignés de larmes, abîmée dans la contemplation. Mais, ô faiblesse du pauvre cœur humain et qu'il a de peine à fixer ses affections mobiles et son inquiétude éternelle! Thérèse n'a pas oublié le monde et le monde ne l'a pas oubliée. Les images d'autrefois passent et repassent encore devant son âme, et, à certaines heures, les joies de l'amour divin semblent ne plus suffire à son cœur, car elle aspire encore à la dangereuse douceur des affections humaines. ”
Léopold Laroche, Panégyrique de sainte Thérèse prononcé… (1890)
“ Son tourment, c'est, après les radieuses visions du ciel, le spectacle des ingratitudes, des crimes de la terre et de tous les outrages faits à Jésus-Christ. Son tourment, tourment ineffable que comprennent seules les âmes que l'amour a blessées, ce sont les sécheresses, les dégoûts, les délaissements de son Dieu, c'est une agonie morale dans laquelle il lui semble, selon ses expressions, « que son âme étouffe et que le démon joue avec elle comme avec une balle. » ”
Benjamin Laroche, Histoire de l'abolition de l'esclavage dans les colonies françaises… (1851)
“ Heureux du bien-être qu'il apporte à sa famille, le soir, à la veillée, le travailleur se verra entouré des soins de sa femme; il recevra les caresses de ses enfants, qui, grâce au bon exemple de leur père, grandiront dans l'amour de Dieu, de la France, et du travail tout, tout le relèvera à ses propres yeux. Digne alors du titre de citoyen français, et devenu notre égal, il sera admis dans la grande famille. ”
