Résumé

Portrait de Léon Tolstoï Léon Tolstoï Histoire d’un pauvre homme

Ilia répétait de temps en temps :
— Veux-tu me donner de l’eau-de-vie ?
Il aperçut tout à coup la tête de Polikei.
— Illitch ! eh ! Illitch, tu es ici ; cher ami ? Je suis l’un des conscrits, le sais-tu ? j’ai fait mes adieux à ma pauvre vieille mère et à ma femme. Ce qu’elles ont hurlé... Oui, me voilà soldat ; veux-tu m’offrir de l’eau-de-vie ?
— Je n’ai pas d’argent, répondit Polikei. Espère en Dieu, peut-être te réformera-t-on ? continua-t-il pour le consoler.
— Non frère, je suis comme un jeune sapin, jamais je n’ai été malade. On ne peut souhaiter un meilleur soldat que moi.
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Il éprouvait une joie enfantine de se trouver en possession d’une si grosse somme d’argent. Il cacha l’enveloppe dans la doublure de son chapeau, mit le chapeau sous sa tête et s’endormit, mais plusieurs fois dans la nuit il se réveilla et palpa l’enveloppe pour se bien persuader qu’elle s’y trouvait toujours.
Chaque fois qu’il la palpait, il éprouvait un sentiment de profonde satisfaction à l’idée que lui, Polikei, maltraité de tout le monde, il ferait parvenir l’argent à sa maîtresse avec autant de fidélité que l’intendant lui-même.
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L’enfant était étendu dans le baquet, ses petits pieds étaient complètement immobiles. Elle le prit dans ses bras, il ne bougeait pas ; elle le jeta sur le lit et jeta un grand éclat de rire qui retentit dans toute la maison. La petite Machka, qui se mit à rire aussi fut effrayée en voyant la figure décomposée de sa mère, et s’enfuit en criant.
La foule entrait dans le coin de Polikei.
On emporte l’enfant, on se mit à le frictionner, peine perdue, il était bien mort. Akoulina, renversée sur le lit, riait toujours et son rire remplissait d’horreur la foule.
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