Léon Tolstoï,
Histoire d’un pauvre homme
“ Ilia répétait de temps en temps : — Veux-tu me donner de l’eau-de-vie ? Il aperçut tout à coup la tête de Polikei. — Illitch ! eh ! Illitch, tu es ici ; cher ami ? Je suis l’un des conscrits, le sais-tu ? j’ai fait mes adieux à ma pauvre vieille mère et à ma femme. Ce qu’elles ont hurlé... Oui, me voilà soldat ; veux-tu m’offrir de l’eau-de-vie ? — Je n’ai pas d’argent, répondit Polikei. Espère en Dieu, peut-être te réformera-t-on ? continua-t-il pour le consoler. — Non frère, je suis comme un jeune sapin, jamais je n’ai été malade. On ne peut souhaiter un meilleur soldat que moi. ”
