Eugène-Melchior de Vogüé,
Cœurs russes
“ Akoulina n’avait prêté aucune attention à l’interrogatoire des témoins ni aux paroles de son défenseur. Son regard errait toujours de l’horloge à la porte. Par ses brèves réponses, on pouvait deviner ce qui se passait dans sa tête. De tous les éléments du procès, de toutes les explications de l’avocat, un seul fait était compréhensible pour ce cerveau obtus et le possédait tout entier, avec la ténacité de l’idée fixe : un mot de son cousin Anton Pétrovitch pouvait la sauver, et elle ne pouvait être sauvée que si Anton entrait par cette porte, dans ce moment, et disait ce mot. ”
