Léon Tolstoï

Léon Tolstoï

Résumé

Portrait de Léon Tolstoï Léon Tolstoï Une tourmente de neige

Tout est blanc, blanc et mobile : tantôt l’horizon semble énormément loin, tantôt serré à deux pas de tous côtés ; tantôt, à droite, paraît soudain un mur blanc, haut, qui court parallèlement au traîneau, puis il disparaît tout à coup et se dresse devant pour fuir plus loin et plus loin et pour disparaître de nouveau. On regarde en haut, au premier moment cela paraît clair, on croit voir des étoiles à travers le brouillard, mais les étoiles s’enfuient de plus en plus du regard et l’on ne voit que la neige qui, devant les yeux, tombe sur le visage et sur le collet de la pelisse.
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Portrait de Léon Tolstoï Léon Tolstoï Une tourmente de neige

Mon postillon, avec une vivacité inhabituelle, bondit sur la neige, me salue et me demande de me transporter dans le traîneau d’Ignate. J’y acquiesce, mais on voit que le pieux moujik en est si content, qu’il veut déverser sur quelqu’un sa reconnaissance et sa joie : il salue, nous remercie, moi, Aliochka, Ignachka.
— Enfin, grâce à Dieu ! Autrement, que serait-ce, ô Seigneur-Dieu ! La moitié de la nuit nous allons sans savoir où. Il vous amènera seigneur, petit père... et mes chevaux refusent d’aller plus loin.
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Portrait de Léon Tolstoï Léon Tolstoï Une tourmente de neige

Les chevaux s’arrêtent, la neige s’amoncelle de plus en plus, et des chevaux on ne voit que l’arc et les oreilles, mais tout à coup paraît en haut Ignachka avec sa troïka, il passe devant nous. Nous le supplions qu’il nous prenne, mais le vent emporte nos voix ; il n’y a pas de voix. Ignachka se moque de nous, crie après les chevaux, siffle et disparaît dans un ravin profond rempli de neige. Le petit vieux saute sur le cheval, agite ses coudes, veut s’enfuir mais ne peut se mouvoir de sa place.
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