Résumé

O. d’Haussonville L’Église romaine et le premier empire…

On le voit de plus en plus clairement, tout l’effort et tout l’artifice de Napoléon tendaient vers un but unique. A tout prix, il voulait que son malheureux prisonnier, retenu à Savone loin du commerce du monde et privé de toute communication avec les fidèles de son église, fût persuadé qu’en cas de rupture l’épiscopat français et le corps entier du clergé se rangeraient avec unanimité du côté du gouvernement impérial, et n’hésiteraient pas, s’il le fallait, à se séparer sur les questions débattues du chef de la catholicité. Ainsi que nous avons tâché de l’établir, rien n’était moins prouvé.
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O. d’Haussonville L’Église romaine et le premier empire…

Combien douloureuses et combien meurtrières parfois sont ces cruelles perplexités où s’agitent ces natures d’élite, que tourmentent incessamment de pieux scrupules ignorés le plus souvent du vulgaire, et pour de si terribles combats quel champ-clos que la conscience d’un pontife régulateur souverain à ses propres yeux de tant d’autres consciences ! Le malheureux Pie VII, détrôné, captif et malade, pliait avec honneur sous le poids accablant de la situation que lui avait faite, sans qu’il en fût responsable, la constitution séculaire de l’église catholique.
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O. d’Haussonville L’Église romaine et le premier empire…

Les dix-neuf évêques terminaient leur missive en adjurant le saint-père « de ne pas refuser plus longtemps à l’église de France les évêques qu’elle réclamait, et de ne pas la réduire ainsi à la nécessité si triste, à l’extrémité si fâcheuse de pourvoir elle-même à sa propre conservation [7] . »
Après avoir obtenu de son oncle le cardinal Fesch, d’abord si récalcitrant, et de tant d’évêques au début si timorés des manifestations aussi conformes à ses desseins, comment l’empereur ne se serait-il pas tenu pour assuré du succès ?
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