“ Quelle affectation, reprit l’aînée des demoiselles de Vintimille, mais ce jeune homme avec lequel vous dansiez et qui vous parlait beaucoup, c’est le jeune duc de Montenotte, le fils aîné du maréchal Malin de la Rivoire, ce fameux général si ami de l’Empereur. ”
Montenotte
Définition et enjeux
Citations sur “Montenotte”
E. Delauney, Notre grande colonie africaine… (1887)
“ On juge si une fois rassuré sur le sort de son frère, M. Montenotte, qui se trouvait être un aimable vieillard, prit plaisir à se faire raconter l'odyssée de ceux qu'il appelait les modernes « Oroste et Pylade. » Mais quand Annibal arriva à la réception par trop touchante qu'il avait reçue à Biskra même, l'hilarité du vieillard ne connut plus de bornes. ”
O. d’Haussonville, L’Église romaine et les Négociations du Concordat…
“ Le préfet de Montenotte rejeta de bien haut une idée aussi fausse. « Il assura Pie VII qu’ils étaient au contraire ses amis les plus chauds et les plus dévoués... Nous savons par son médecin qu’il souhaite que les cardinaux lui parlent d’une manière plus ouverte et avec plus d’abandon. Nous profitons de cette circonstance pour encourager ceux qui sont portés à trop de retenue. » ”
Napoléon : l'épopée militaire (1898)
“ Non! il n'en est pas parmi les vainqueurs de Montenotte, de Millesimo, de Dégo, de Mondovi. Tous brûlent de porter au loin la gloire du peuple français. Tous veulent dicter une paix glorieuse et qui indemnise la patrie des sacrifices immenses qu'elle a faits. ”
Les naufragés de la "Marie Elisabeth" (1884)
“ Tout près de Tenez on a bâti le village de Montenotte. La route qui y conduit est belle comme pittoresque et rappelle les gorges d'Ollioules, près de Toulon ou la route de Roche-lesBaume dans le Jura. Le village est assis sur un plateau couvert de céréales, d'oliviers, d'amandiers, de figuiers, et de vignes, et traversé par la route d'Orléansville. Dans ses environs on exploite de belles mines de cuivre qui occupent une foule d'ouvriers en partie indigènes maltais et espagnols. ”
O. d’Haussonville, L’Église romaine et le premier empire…
“ En homme prudent qu’il était, le préfet de Montenotte se garda bien d’ajouter au trouble du saint-père en le contredisant. Aussi bien il lui avait trouvé tout d’abord, écrit-il à M. Bigot, « l’attitude d’un homme qui a pris un parti et qui ne veut écouter aucune raison contraire. » C’est pourquoi il prit simplement la note des mains de Pie VII, et se retira pour la déchiffrer avec le docteur Porta. Bientôt le pape le fit rappeler. Cette fois ce n’était plus dans la dernière phrase de la note, c’était dans le premier article que le saint-père voyait une grande difficulté. ”
Giuseppe Grabinski, Les prêtres romains et le premier empire (1897)
“ Le 20 février, le préfet de Montenotte insiste de nouveau auprès du Pape pour l'engager à se soumettre à la volonté de Napoléon. Pie VII est plus calme que la veille; mais il n'est pas moins décidé à la résistance. Il répondit à M. de Chabrol « que son parti avait déjà été pris, qu'il ne changerait pas, qu'il avait fait un premier bref, qu'il n'en ferait pas un second. » (2) (I) Lettre de M. le comte de Chabrol, préfet de Montenotte, à M. le comte Bigot de Préameneu, ministre des cultes. Savone, 19 février 1812. ”
E. Delauney, Notre grande colonie africaine… (1887)
“ Mon gros lourdaud a mis les points sur les i ; il n'y a pas jusqu'à la redingote brune qu'il n'ait remarquée avec les trous aux coudes. — Il est peu probable que Montenotte soit parti avec ses coudes percés ; c'est un homme méticuleux, partant très propre, très soigné, comme il convient du reste à ce modèle des caissiers qui n'a jamais commis d'erreur dans le cours de sa carrière, et a. ”
Adolphe Huard, Le martyr de Sainte-Hélène : histoire de la captivité de Napoléon Ier…
“ L'Empereur, car, en l'appelant général, vous lui faites grâce d'une usurpation, et je veux les Gompter toutes, est tout noir du crime que vous lui reprochez. A Toulon, il usurpa la victoire, et fit méchamment tomber les torches des mains de votre Erostrate ; il l'usurpa encore à Montenotte, à Castiglione, à Lodi, sur le Tagliamento; il usurpa notre admiration par la rapidité de ses triomphes ; il l'usurpa par la vengeance qu'il tira, sous les murs de Pavie, de l'affront fait à François Ier ”
O. d’Haussonville, L’Église romaine et les Négociations du Concordat…
“ Il leur dit, entre autres choses, « qu’il avait réfléchi à l’acte du concile que lui avaient déjà présenté leurs collègues arrivés avant eux à Savone, mais qu’il ne pouvait rien décider parce qu’il n’était pas libre, mais prisonnier [23] . » Le préfet de Montenotte se montre dans sa correspondance prodigieusement étonné de ce que des membres du sacré-collège aussi éclairés que les cardinaux Dugnami et Ruffo aient paru admettre un instant dans leur esprit cette difficulté, « qui n’est, dit-il, qu’un incident. » ”
O. d’Haussonville, L’Église romaine et les Négociations du Concordat…
“ De l’un et de l’autre côté des Alpes, une foule considérable de personnes, des jeunes gens surtout, étaient incessamment prêts, sur la moindre réquisition, à se mettre nuitamment en route et à se transmettre de ville en ville les uns aux autres jusqu’à destination les missives pontificales délivrées dans Savone même à ces messagers fidèles par les gens de la maison de Pie VII ou par les rares visiteurs qui avaient réussi à tromper la vigilance du préfet de Montenotte. ”
O. d’Haussonville, L’Église romaine et les Négociations du Concordat…
“ Dès cette première audience où son compagnon de route, M. Bertalozzi, avait versé des pleurs si abondans et poussé des soupirs si efficaces, le cardinal de Bayanne avait parlé au pape, écrit M. de Chabrol, « avec l’énergie d’une opinion franchement prononcée... Ce n’est pas un résultat insignifiant, ajoute le préfet de Montenotte, que l’opinion de deux hommes de confiance se prononçant immédiatement et dans le moment où, étant encore isolés, leur avis a toute sa force morale, et ne peut être attribué à l’effet d’une délibération commune. » ”
O. d’Haussonville, L’Église romaine et les Négociations du Concordat…
“ « L’audience n’a pas été favorable, écrit M. de Chabrol le 14 décembre. Le pape s’est animé. Il est entré dans quelques-uns de ces mouvemens auxquels il se livrait avant qu’il fût question d’un arrangement. La députation n’a rien épargné pour faire sentir au pontife sa position. Chacun de ses membres a parlé alternativement et fort bien, à ce qu’il paraît ; mais le pape ne s’est pas entièrement apaisé [20] . » Cette sorte de rébellion étonna tellement le préfet de Montenotte qu’il ne crut pas d’abord qu’elle pût se prolonger longtemps. ”
O. d’Haussonville, L’Église romaine et les Négociations du Concordat…
“ Il proteste sans cesse de son désir de condescendre à la demande et même aux demandes de sa majesté, qu’il n’a aucune intention de tromper, ce que la suite prouvera bien... D’après ce qu’auront produit les conférences de mes collègues avec sa sainteté, nous enverrons ou nous n’enverrons pas une lettre au pape que l’on transcrit en ce moment. C’est la dernière pièce de notre arsenal [27] . » Tandis que les évêques députés mettaient ainsi en batterie ce qu’ils appelaient « la dernière pièce de leur arsenal, » il n’était pas possible que le préfet de Montenotte consentît à demeurer inactif. ”
O. d’Haussonville, L’Église romaine et les Négociations du Concordat…
“ Le pape a été fort agité ces jours derniers, reprend le préfet de Montenotte à la date du 19 janvier ; il ne dort pas. Il est tourmenté et se plaint de sa santé. C’est à l’état d’indécision où il se trouve qu’il faut attribuer ce dérangement. Il en revient maintenant à un projet de lettre à l’empereur, dans lequel il promettrait, dit-on, spécialement de reconnaître l’extension du bref à tous les évêchés et de modifier ce même bref ; mais cette promesse ne se réaliserait que lorsqu’il aurait une libre communication avec les fidèles. On ne peut plus faire fond sur aucune résolution au. ”
Nicolas Edme Restif de La Bretonne,
L’Anti-Justine ou les délices de l’Amour
(1798)
“ « Fi donc ! répondit-elle ; hé ! d’où vient ? l’aurais-je souffert ?... — Parce que je bandais comme un carme. — Vous parlez comme un Vitnègre. » Montencon ne me raconta pas moins ses entreprises en termes savoureux ; il loua la beauté de la conque, le soyeux du poil, la blancheur des fesses, la fermeté des tétons, le rosé du bouton, l’élasticité et l’ivoire du ventre, des cuisses ; il exalta le pied, la jambe de la belle. ”
Edgar Monteil,
Histoire du célèbre Pépé
“ Moutonnet grogna plus fort. — Tais-toi, Moutonnet, dit Pépé ; il ne faut pas être méchant pour les malheureux, et tu es plus doux d’ordinaire. Il mit la main à sa poche pour y chercher des sous. — La charité, mon bon monsieur, dit une autre femme survenant. Moutonnet grognait de plus en plus, et se tenait entre les jambes de son ancien compère. — Reste donc tranquille, Moutonnet, dit Pépé. Mais le brave caniche ne voulait pas se taire ; il grinçait des dents, furieusement. — La charité, mon bon monsieur, dit un homme l’échine basse, en s’approchant de Pépé la main tendue. ”
Paul Féval, Les Belles-de-nuit ou Les Anges de la famille
“ Ses pieds nus effleuraient à peine le parquet brillant du pont. Au moment où il atteignait l’écoutille, la voix du nabab s’éleva de nouveau. — Seïd !... Le noir revint, docile. Montalt murmurait : — Que lui dirai-je ?... Je ne l’aime pas... Oh ! ceux qu’on nomme les malheureux ont un désir au moins, et parfois une espérance !... Il y avait autour de ses lèvres un sourire amer. Les matelots disaient : — C’est trop heureux !... ça ne sait pas ce que ça veut !... — Rien !... poursuivait Montalt, c’est la vie !... et qu’y a-t-il après la mort ?... ”
Edgar Monteil,
Histoire du célèbre Pépé
“ En cet instant la porte s’ouvrit, et Alcindor, Gig, Rig, Pig et des domestiques, le revolver au poing, se précipitèrent dans la hutte. C’était Moutonnet qui les amenait. L’intelligent caniche était parti chercher ses amis aussitôt qu’il avait vu enlever son ancien compère. Il était arrivé à la maison de l’hivernage fort affairé, aboyant et grondant. — Qu’est-ce que Moutonnet peut avoir ? demanda Margarita. Lui qui aboyé si peu d’ordinaire, qui est si calme, il a l’air inquiet. ”
Paul Féval, Les Belles-de-nuit ou Les Anges de la famille
“ Le palais de Montalt réunissait la mollesse du xviiie siècle aux mollesses de l'Orient, sans craindre le voisinage des modes roides du gentlemanry pur sang.Car Montalt, malgré toute sa puissance, ne pouvait façonner que le dedans à sa guise. Entre les murs de l'hôtel ses souvenirs pouvaient prendre une forme et lui rendre aisément l'aspect aimé de sa vie indienne; il pouvait se croire encore à Mascate, ou parcourant en vainqueur, avec ses cipayes, un coin de la Perse, une province du Kaboul...Mais au dehors, c'était l'Europe. Impossible de refaire les mœurs de tout le monde. ”
Paul Féval, Les Belles-de-nuit ou Les Anges de la famille
“ Je ne sais que penser; mais, au demeurant, ce Montalt est comme tous les enrichis qui reviennent des antipodes... c'est l'homme des fantaisies absurdes et inexplicables!—Mais encore...—Eh bien, voici ce que c'est! Il paraîtrait qu'hier j'ai été très-éloquent... surtout en rendant compte de certaine missive adressée par madame Marthe à Louis de Penhoël, il y a bien 109 longtemps... Ce chiffon de papier-là nous a déjà été d'une certaine utilité dans l'affaire de Bretagne... Et maintenant, voilà Montalt qui veut me l'acheter un prix fou!—L'acheter?... dit Blaise: pour quoi faire? ”
Nicolas Edme Restif de La Bretonne,
L’Anti-Justine
“ Montencon se remit à la fourgonner, sans déconner, criant, hurlant de luxure, et murmurant par intervalles : « Divine garce !... Fais-toi putain... et... je réponds... de ta fortune ! » Il recommença ainsi trois fois sans désarçonner. Enfin, il déconna. « Voilà un coup qui en vaut dix, et un con qui vaut cent et mille fois tous ceux que je t’ai fait enconner, même ma petite hôtesse ! On ne le quitte qu’à regret !... Mais refous-la, mon ami : une femme vaut seize hommes au jeu couillard ; ne la laissons ni refroidir, ni chômer. » ”
Paul Féval, Les Belles-de-nuit ou Les Anges de la famille
“ Il y a des ressemblances étranges, des rapports tout gros de souvenirs, où l'esprit vient se heurter à l'improviste, et qui font renaître au vif l'angoisse, morte depuis des années...Montalt, qui passait sa vie dans un sophisme perpétuel, reniant ce qu'il aimait, exaltant ce qu'il méprisait, Montalt, le contempteur acharné de la vertu, de l'honneur, de l'amour, devait avoir à l'âme une blessure envenimée.Cette philosophie qu'il s'était faite ne lui allait point. Le froid scepticisme jurait dans sa bouche, où l'on n'eût deviné que des paroles généreuses et chevaleresques. ”
Edgar Monteil,
Histoire du célèbre Pépé
“ Il bondissait dans les rangs des spectateurs, se plaçait devant une personne qui lui plaisait, généralement une jeune fille ou un jeune garçon, et, assis sur son derrière, il prenait son panier entre ses pattes de devant et aboyait jusqu’à ce qu’on y eut laissé tomber quelques sous. Il faisait le même jeu devant une dizaine de spectateurs et on suivait les péripéties de la quête de Moutonnet. Quelquefois, il y avait des jeunes filles qui n’avaient pas d’argent ou qui ne voulaient pas en donner à Moutonnet. Le bon caniche les grondait fort, aboyant tant qu’il pouvait. ”
Edgar Monteil,
Antoinette Margueron : études humaines
(1880)
“ Mais, hélas! je ne suis pas toute-puissante. La communauté de Sainte-Urbine obéit comme les autres à des consignes générales qui viennent de plus haut que nous. Mais j'espère pouvoir, dans quelque temps, vous faire rentrer parmi nous ; vous respirerez au moins un meilleur air que celui qui vient par cette cheminée. — Non, dit Antoinette, je suis mieux dans cette tombe. J'y ai assez d'air pour moi. A présent que je vais mieux, sœur Arsène me laisse, je suis seule, je jouis de ma solitude, je ne m'inquiète de rien, je ne veux rien. ”
Edgar Monteil,
Antoinette Margueron : études humaines
(1880)
“ Antoinette darda ses yeux dans les yeux de l'Anglais. - Il y a plus de six mois, monsieur, qu'il est mort. - Vous plaisantez ! dit sir Edward Meel, j'avais vu lui, ici, à Lyon, il y a douze jours. — Henri était ici il y a douze jours! s'écria Antoinette en s'approchant de l'Anglais. — Very oui! — Que dites-vous ! s'écria Antoinette. Vous vous trompez. Henri est mort. Vous ne savez pas. Nous ne ïsomnies pas maries. Nos familles nous ont forcés à nous séparer. Il est allé à Paris. Moi, dans un couvent. ”
Edgar Monteil,
Antoinette Margueron : études humaines
(1880)
“ Les fleurs? La terre toit en être couverte. Oh! je veux revoir la terre! Je eux que mon enfant naisse au grand soleil! Je veux revoir le jour ! je veux revoir des humains ! Et comme sœur Arsène entrait : r — Je veux sortir, dit-elle. — Ah ! saint Louis de Gonzague ! êtes-vous folle? — Je veux sortir ! — Ah! sainte Marie, mère de Dieu! mais vous ne ortirez jamais de ce lieu, ma pauvre enfant. — Je n'en sortirai jamais! dit Antoinette. Oh! ditesmoi pourquoi je n'en sortirai pas ! Que vous ai-je rail '! Je ne vous ai pas fait de mal, moi ! Je vous en supplie, ouvrez-moi la porte. ”
Edgar Monteil,
Antoinette Margueron : études humaines
(1880)
“ Vous pouvez être un omme méprisable et cruel, mais vous n'êtes pas un ssassin. Ces squelettes que vous venez de me faire oir, ce ne sont pas des squelettes de femmes assassiées, n'est-ce pas? Oh! c'est épouvantable, ce qui se ait dans ce couvent ! Où suis-je? Vous êtes un boureau ! Vos yeux s'injectent de sang; vous avez du sang ur le visage. Au secours ! au secours! Le prêtre regardait Antoinette. Il souriait. — Non, continuait Antoinette, j'ai tort. Vous êtes un onnête homme. Vous allez me rendre à la liberté. Vous le laisserez pleurer sur la tombe d'Henri. Mon enfant a venir. ”
Edgar Monteil,
Antoinette Margueron : études humaines
(1880)
“ Les hommes, va, c'est toujours la même chose. - Je veux Henri. - Et moi pas! Je suis ta mère, peut-être. - Tu es bien décidée? — Décidée! oh! oui, et depuis longtemps encore; bien maligne si tu m'en fais grouiller de mon idée ! — Vous me faites mal, ma mère, dit froidement Antoinette. On mangea hâtivement le dîner. On parla à peine. Chacun était contraint. M. Grey sortit de table le premier pour aller à ses affaires. Les autres se réfugièrent au salon. — J'ai à vous parler, dit Henri à l'oreille d'Antoinette. — Moi aussi, dit Toinon. ”
Paul Féval, Les Belles-de-nuit ou Les Anges de la famille
“ Montalt frappa du pied avec impatience. — Les amoureux platoniques, grommela-t-il, ont des yeux pour ne point voir et des oreilles pour ne point entendre... Vous avez fait exprès de regarder trop tard, Étienne, tant vous aviez grand’peur de manquer à vos serments de constance !... Mais c’est égal ; on ne peut pas tout faire le premier jour... nous verrons bien ! La diligence s’arrêtait dans une sombre rue de la vieille ville, à l’hôtel où les voyageurs devaient prendre leur repas et passer la nuit. Il va sans dire que Montalt et le jeune peintre soupèrent ensemble ”
