“ MEDIANA. Si cette tâche est si belle, duc, que ne la prenez-vous ? LE DUC. Oh ! à moi, Mediana, elle n’offrirait rien de nouveau Moi, je me suis baigné dans le lac de Kachemir ; moi, j’ai visité Delhy : moi, j’ai chassé le tigre et l’éléphant sur les deux versants de l’himalava. C’est justement parce que je sais tout le plaisir que j’ai pris à ces divers exercices que je vous les conseille. Vous le savez, Mediana, la vie est une route où l’on ne revient pas sur ses pas. Je suis vieux, je suis marié, il faut que je reste à la cour ; j’ai ma destinée à accomplir. MEDIANA. Et moi aussi, duc. ”
Octave Feuillet
Résumé
Octave Feuillet, auteur du drame Échec et mat, plonge le lecteur dans le fonctionnement de la cour espagnole, où pouvoir, ambition et machinations s'affrontent. L’œuvre, centrée sur les personnages du duc, de Mediana et du roi, explore les tensions entre devoirs nobiliaires et aspirations personnelles, à travers des dialogues percutants.
Les thèmes de la vice-royauté, des soupçons et des enjeux de pouvoir s’entrelacent, révélant une société où chaque geste est soigneusement réfléchi. La citation « la vie est une route où l’on ne revient pas sur ses pas » illustre cette dynamique, où les décisions déterminent l’avenir.
Citations de Échec et mat (Octave Feuillet)
“ LE ROI. Duc, est-ce que je n’entends pas ?... (Il va à la fenêtre de côté.) OLIVARES. En effet, sire, un carrosse entre dans la cour du palais. LE ROI. Aux armes du duc. OLIVARES. Oh ! l’excellente vue qu’a Votre Majesté. LE ROI. C’est elle, enfin !... après trois mois d’ennuis mortels... Allez, laissez-moi, Olivares. OLIVARES. Sire, il me restait cependant quelque chose d’important à vous dire. LE ROI. Plus tard, plus tard ; allez, allez. Non pas par là. (Montrant le fond.) Vous pourriez la rencontrer, et vous savez qu’elle est facile à effaroucher. Par ici. ”
“ LE DUC. Justement. Eh bien ! mon cher comte, vous devriez profiter de ce caprice. MEDIANA. Désirez-vous quelque chose en quoi je puisse vous seconder, duc ? LE DUC. Moi, pas du tout, et, si je vous disais d’user de cette faveur, c’est pour vous-même. MEDIANA. Duc, je ne désire rien. LE DUC. Et vous avez tort : un jeune homme de vingt ans doit toujours avoir l’air de désirer quelque chose. Tenez, moi, je faisais un rêve pour vous. MEDIANA. Pour moi, duc ? LE DUC. Que voulez-vous ? à mon âge, on n’a d’autre avenir que celui des gens que l’on aime. ”
