Paul Claudel,
Le père humilié: Drame en quatre actes
“ ORSO.—Pourquoi parler de sa mort, vous aussi? C'est vexant. Je n'aime pas que vous parliez ainsi.PENSÉE.—Et quand ce serait la mort, et quand il n'y aurait eu que ce seul moment,Ce moment tout de même je l'aime, et c'est assez pour moi, et rien ne peut empêcher qu'il existe.Ainsi, malgré ce voile indéchirable qui m'entoure, ainsi l'amour a pénétré jusqu'à moi, et rien n'a su m'en défendre! Il m'aime, je crois en Dieu! Il n'y a plus de mort pour moi, il n'y a plus de nuit! Ah, le bonheur est une chose si grande qu'il n'était pas en mon pouvoir de lui échapper! ”
