Philippe Serret

Résumé

Philippe Serret Ce que c'est que la République… (1874)

On conçoit que le peuple se plaigne au roi des abus du gouvernement du roi ; la nation, dans l'état monarchique, a un droit incontesté et distinct du droit royal, le droit d'être gouvernée avec respect, et en vue de son plus grand bien. En république, le peuple immolé n'a pas d'objections à faire au peuple immolateur. La nation peut-elle se faire le procès à elle-même ? Y a-t-il un remède à la tyrannie lorsqu'on est soi-même le tyran de soi-même ? La souveraineté du peuple équivaut à la négation radicale du droit des peuples.
Source : Gallica

Philippe Serret Ce que c'est que la République… (1874)

La République, en faisant rapidement déborder l'élément plébéien, avait répandu un droit nouveau, un droit révolutionnaire, destructeur des antiques moeurs, profanateur de l'ordre domestique et de la sainteté du foyer. Les prolétaires dominaient sans contre-poids dans les comices plébiscitaires où l'on votait par tête (viritim) et où la loi brutale du nombre ne connaissait pas d'obstacle. Des citoyens sans patrimoine réformaient et démocratisaient le droit de tester. Des individus sans domicile et sans famille légiféraient sur le mariage et le divorce.
Source : Gallica

Philippe Serret Ce que c'est que la République… (1874)

La fiscalité romaine suçait jusqu'aux moelles les populations provinciales ; elle épuisait sans cesse, prenait toujours et ne rendait rien. L'exaction fiscale était l'unique lien qui rattachât les peregrini à la république; la province saturait la canaille souveraine de Rome; sa fonction dans l'État était de gorger de sa substance ce formidable parasite. Telle était l'égalité républicaine antique : une minorité figurant le peuple souverain, superposée aux masses humaines qu'elle dégradait et qu'elle dévorait.
Source : Gallica

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