Résumé

Portrait de Philippe de Champaigne Philippe de Champaigne Conférences de l’Académie royale de peinture et de sculpture

Le discours de M. de Champaigne commençoit par l’éloge de M. Poussin, et marquoit avec justice que cet excellent peintre avoit été, dans son art, l’honneur de la France et l’admiration des étrangers. Il ajoutoit que le tableau de Rébecca avoit extrêmement contribué à lui acquérir une réputation si bien fondée. Il soutenoit ensuite que l’excellence de la peinture dépendoit moins des règles de l’art que d’un beau génie, mais que tout cela se rencontroit dans ce tableau, et il y remarqua la pratique de trois ou quatre règles générales et importantes.
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M. le Brun ayant fini de la sorte, M. de Champaigne avoit repris la parole et revenoit à la figure de fille qui est appuyée sur son vase. Il disoit que les autres figures de filles qui font groupe avec celle-là expriment sur leur visage un sourire mêlé de fierté et de dépit, comme si elles étoient jalouses de voir qu’on leur préfère Rébecca. Il y en a une vêtue de vert et de rouge, dont l’embarras est remarquable.
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M. de Champaigne soutint que cette excuse seroit frivole, et qu’au contraire la laideur de ces animaux auroit même rehaussé l’éclat de tant de belles figures, car, selon lui, toutes les choses du monde ne paraissent jamais tant que lorsqu’elles sont opposées à leurs contraires. La vertu n’étant pas comparée au vice semble moins charmante et moins aimable, et M. Poussin même n’auroit jamais si agréablement distribué la lumière dans son tableau, s’il n’y avoit jeté des ombres.
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