“ L’un d’eux est effleuré par le mal. L’impalpable graine s’est posée sur son front lentement, l’œuvre est faite : celui-ci va mourir, celui dont il a touché la main mourra tout à l’heure, et mourront aussi tous ceux qui les ont approchés ; le nombre des victimes grandit, grandit, les nomades emportent la mort dans les plis de leurs vêtements, le vent passe sur le foyer d’infection et va jeter au loin le charbon errant. Si bien que par dessus les plaines immenses et les mers sans horizon, le fléau s’avance par bonds, par sauts. ”
Pierre Veber
Résumé
“Choléra”, est une œuvre de Pierre Veber. Des thèmes tels que l'épidémie, Asie Mineure ou fléau y sont abordés.
Citations de Choléra (Pierre Veber)
“ Environ 1 500 décès. Comme ils doivent nous prendre en pitié, les prêtres ! Depuis le commencement de l’épidémie, les églises regorgeaient de monde. La peur jetait les incrédules au pied de la croix ; et ceux qui mangeaient du curé il y a trois mois, s’étaient mis à prier, ou faisaient semblant. Aux neuvaines, on laissait les portes ouvertes, et sous le portail, en plein air, des gens restaient agenouillés, tête nue, des heures entières. Un avis du Conseil d’hygiène paraît dans les journaux : tout rassemblement doit être évité. ”
“ Je ne veux plus dormir, de peur qu’il ne me surprenne pendant mon sommeil. — La nuit, les rôdeurs pillent les hôtels abandonnés ; la police est impuissante ; il est en outre probable que l’on a profité de l’épidémie pour commettre impunément des crimes profitables ; l’arsenic produit les mêmes effets que le fléau,les mêmes spasmes, les mêmes coliques. Les rats sortent en foule des égouts et courent sur les trottoirs. ”
