Résumé

Rodolphe Lindau Peines perdues. Souvenir d’un séjour au Japon

Lorsqu’en Orient nous parlons de l’Europe, nous ne pensons qu’à regretter la patrie absente ; nous ne nous souvenons que de ce qu’il y a de bon là-bas et de ce qui nous manque ici. Nous oublions que nous étions jeunes en quittant l’Europe. A l’étranger, dans l’exil, les absens ont toujours raison ; les présens ont tort. Vivant dans l’abondance comme tous nous vivons ici, pauvres et riches, nous ne nous rappelons plus que cette largeur, cette aisance de la vie matérielle est considérée en Europe comme un des principaux élémens de bien-être, que cet élément nous a fait défaut jadis.
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Rodolphe Lindau Peines perdues. Souvenir d’un séjour au Japon

Il en a rencontré un si grand nombre qu’il ne saurait les voir autres qu’ils ne sont en effet, tandis que le novice n’est pas loin de les regarder comme des êtres singuliers, qui courent toute sorte de dangers et d’aventures extraordinaires. L’existence que celui-ci va mener, le vieux résident qui retourne à l’étranger l’a pratiquée. Il ne s’attend à aucune surprise, à aucun mystère. Il sait, qu’il devra recommencer une vie d’affaires, sans imprévu ni passions, une vie uniforme, incolore, prosaïque, sérieuse, et cela le jour même où il arrivera à destination.
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Rodolphe Lindau Peines perdues. Souvenir d’un séjour au Japon

Nous possédons, il est vrai, tous les avantages d’une indépendance presque absolue que les vieilles sociétés de l’Occident ne connaîtront jamais. Cette indépendance est le fruit de notre isolement ; mais renoncer à l’un, c’est se condamner forcément à dépouiller l’autre. Société est synonyme d’obligation ou de dépendance. Pour avoir une patrie, une famille, des amis, il faut savoir payer de sa personne, de sa bourse, de son esprit, de son bien-être, de sa liberté individuelle.
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