Résumé

Portrait de Saint-Marc Girardin Saint-Marc Girardin La Pairie en France depuis la révolution de juillet

Tout se trouvait par là dans un juste équilibre, et la force de la pairie avait des contre-poids ; mais quand, en 1831, on enleva à la pairie l’hérédité et qu’on garda en même temps la nomination royale, et surtout l’illimitation du nombre, la vie lui devint impossible. Elle avait perdu ses racines, et on voulait qu’elle eût encore de la sève !
L’illimitation est, contre la pairie, une arme redoutable. Aussi cette arme n’est bonne que contre une pairie forte ; contre une pairie faible elle n’est plus de mise.
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Attribuer à la royauté seule, ou pour mieux dire au ministère, la nomination des pairs, c’est remplacer le hasard de la naissance, dont on se plaignait à bon droit, par l’arbitraire ministériel, dont on se plaindrait à meilleur droit encore ; c’est déconsidérer la chambre des pairs, la mettre à un degré incommensurable au-dessous de celle des députés... c’est laisser la pairie sans racines dans la nation et dès-lors sans influence, tout en voulant l’élever comme une barrière entre la royauté et la démocratie...
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Restaurer l’hérédité, ce serait faire un contre-sens si on accordait l’hérédité à la pairie actuelle, et une injustice si on ne l’accordait pas : Un contre-sens, car les pairs actuels ont été nommés comme viagers, c’est-à-dire pour eux-mêmes. Quand on nomme un pair viager, on ne regarde que lui-même et on a raison ; quand on nomme un pair héréditaire, on doit aussi considérer la famille ; il est différent de récompenser et d’honorer un homme ou de fonder une famille. Ce qui suffit dans un cas ne suffit pas toujours dans l’autre.
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