Résumé

Sixte Delorme Le Prince Halil, par Sixte Delorme… (1890)

Et vous le continuez tout éveillé, ce rêve?
— Peut-être, répondit Halil. Je n'ai jamais été heureux qu'en songe.
— Ah! s'écria Robert, pas de mélancolie aujourd'hui! Il n'y a plus un nuage dans notre ciel !
— Plus un nuage?...
— Oh ! un tout petit, là-bas, sur le Fresnoy. Demain ou après-demain un souffle de brise l'emportera. Moi, voyez-vous, je n'ai maintenant que des pressentiments de bonheur, et j'éprouve un irrésistible besoin de chanter les vieilles chansons de mon pays. C'est comme si j'allais à une noce d'Antraygues, au son des cloches et des crins-crins.
Source : Gallica

Sixte Delorme Le Prince Halil, par Sixte Delorme… (1890)

Halil s'inclina respectueusement devant cet homme de coeur.
— Sacrebleu ! dit Robert Desnoëls, il me va, à moi, ce général ! Si je m'appelais Halil, je lui demanderais son amitié.
— Mon amitié?... répondit M. de Fallières, et pourquoi pas, messieurs?... Nous sommes de braves gens... Vous ferez votre devoir demain, prince; moi, j'ai fait le mien ce soir... Mais je ne pouvais pas aller dire à M. de Bellegarde : « Je vous rends votre parole... Je renonce à Mlle Clotilde! » C'eût été héroïque; mais il paraît que je ne suis pas encore un héros...
Source : Gallica

Sixte Delorme Le Prince Halil, par Sixte Delorme… (1890)

Clotilde venait enfin de regarder le prince.
— Vous aimez cette musique ? lui demanda-t-elle en se levant pour aller au piano...
— Comme un artiste, comme un poète qu'il est!... s'écria Robert.
— Un poète qui n'a jamais écrit un quatrain, répondit Halil, un artiste qui n'est ni peintre, ni sculpteur, ni musicien !...
— Ah !... ni musicien?...
Juliette avait décroché le violon suspendu au-dessus du piano ; avec une câlinerie charmante, elle le déposa sur les genoux de M. de Mausseins.
— Non, non, dit vivement le comte ; il y a trois ans que je n'ai touché ce violon...
Source : Gallica

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