Sébastien-Roch Nicolas de Chamfort

Sébastien-Roch Nicolas de Chamfort

Résumé

Portrait de Sébastien-Roch Nicolas de Chamfort Sébastien-Roch Nicolas de Chamfort Œuvres complètes de Chamfort

Dès long-temps...
pardonnez, il était malheureux ;
dans les rigueurs du sort son âme était plus fière :
tels sont tous les grands cœurs, tel doit être mon
frère.
Rendez-lui vos bontés, vous le verrez soumis,
embrasser vos genoux, vous rendre votre fils ;
j’en réponds.
SOLIMAN.
Eh ! Pourquoi réveiller ma tendresse,
quand je dois à mon cœur reprocher ma faiblesse,
quand un traître aujourd’hui sollicite Thamas,
quand son crime avéré ? ...
ZÉANGIR.
Seigneur, il ne l’est pas :
croyez-en l’amitié qui me parle et m’anime ;
de tels nœuds ne sont point resserrés par le crime.
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Portrait de Sébastien-Roch Nicolas de Chamfort Sébastien-Roch Nicolas de Chamfort Œuvres complètes de Chamfort

Qui ne s'étonnerait qu'un soldat, étranger à toute culture de l'esprit, même aux plus faibles notions qui le préparent, ait ainsi devancé le génie de Fénélon qui, trois siècles après, empruntait à la morale ce sentiment d'humanité, pour le transporter dans la politique occupée enfin du bonheur des peuples? Heureux progrès de la raison perfectionnée, qui, pour diriger avec sagesse ce noble sentiment, lui associe un principe non moins noble, l'amour de l'ordre: principe seul digne de gouverner les hommes, et si supérieur à cet esprit de chevalerie qu'on a vainement regretté de nos jours!
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Portrait de Sébastien-Roch Nicolas de Chamfort Sébastien-Roch Nicolas de Chamfort Œuvres complètes de Chamfort

AZÉMIRE.
Moi, seigneur !
ZÉANGIR.
Je ne me flatte point ; par lui seul prisonnière,
c’est par lui qu’Azémire est aux mains de mon père.
L’instant où je vous vis est un malheur pour vous,
et mon frère est l’objet d’un trop juste courroux.
AZÉMIRE.
Par mon seul intérêt mon âme prévenue,
à ses vertus, seigneur, n’a point fermé la vue ;
je suis loin de haïr un généreux vainqueur.
Ses soins ont de mes fers adouci la rigueur ;
il a même permis que mes yeux, dans son âme,
vissent... quelle amitié pour son frère l’enflâme !
ZÉANGIR.
Ah ! Que n’avez-vous pu lire au fond de son cœur
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