Urbain Mô

Résumé

Urbain Mô Le Masque de cristal (1925)

Seule l'ombre violette, doucement ardente, attise le pas menu que tu prolonges.
Eh ! oui, l'instant n'est qu'un regard sur soi, rien qu'un semblant d'arrêt de la pensée surprise. Or, toi qui sais que le temps n'est qu'un long présent, et qui préfères à ce qu'on croit réel le mirage, tu danses, tu danses sur ta natte avec l'Oubli.
Il erre autour de toi, se mêlant à Demain, et ton tamtam rend des musiques séculaires toujours les mêmes depuis l'ère du monde...
Tu danses, et je suis heureux d'être seul à t'aimer,
moi, homme du lointain.
Source : Gallica

Urbain Mô Le Masque de cristal (1925)

Tout le village dort sous la fine pluie qui tombe sur les toits, et plus bas, dans la rue qui, elle, ne luit pas.
Oh ! ce vendredi saint glacé de pluie amère sur le bronze des cloches qui ne vibrent pas !
Un oiseau chante à peine
dans un pommier qui blanchoie
et que le vent égoutte sur le grand Jésus mort
et sur sa croix de bois.
Et moi je pleurerais
comme une femme
sur le coeur de qui pèse un secret...
Ah ! regarder mourir un oeillet au bord d'un vieux calice !
Source : Gallica

Urbain Mô Le Masque de cristal (1925)

Il faut, si tu veux que je te pardonne, que tu regardes en face le Temps sans rives : les misères humaines naissent des gains matériels et des comparaisons entre nous.
Pourquoi étouffer dans un luxe qui déborde
lorsqu'un rayon de soleil matinal,
une forme d'art
suffisent au ravissement ?
Va,
les plus beaux diamants de l'univers
apparaissent très loin là-haut,
même pour ceux qui vivent
de l'autre côté de la terre,
et ils ne partagent leur splendeur insaisissable
qu'avec certains yeux
où les Passions promènent des lampes bleues.
Source : Gallica

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